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Mais pourquoi le comté fait polémique ?

Le délicieux fromage est au cœur d’une vive polémique.

On ne peut plus compter sur rien. Le comté, fromage emblématique du Jura est au cœur d’une vive controverse. Le fromage à pâte pressée fait face à un scandale environnemental. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer l’empreinte écologique croissante de la filière, tandis que les acteurs locaux défendent le respect d’un savoir-faire traditionnel.

Une histoire caca-strophique

Le principal reproche adressé à la filière comté concerne la pollution des rivières et des sols en Franche-Comté. Selon l’écologue Pierre Rigaux et certains collectifs locaux, l’élevage intensif des vaches montbéliardes, dont le lait est utilisé pour la fabrication du comté, génèrerait d’importantes quantités de déjections. Celles-ci chargent les sols en azote et en phosphore, substances qui finissent par contaminer les rivières du Doubs, de la Loue et d’autres cours d’eau de la région.

Les conséquences sont jugées catastrophiques, avec la disparition de 70 % des poissons selon Pierre Rigaux, et une transformation des rivières en “égouts”, à cause du lisier qui favorise la prolifération d’algues vertes et la dégradation générale du milieu aquatique. La situation est aggravée par la situation géologique du Jura : les pâturages en altitude reposent sur un sous-sol  poreux, incapable de filtrer les polluants avant qu’ils n’atteignent les rivières.

Des conséquences sur l’eau potable

La pollution issue de l’élevage dédié à la production du comté aurait aussi un impact sur l’eau potable. Les grandes agglomérations de la région, comme Montbéliard, Belfort et Besançon, puisent leur eau dans des rivières affectées par ces pollutions, obligeant les municipalités à recourir à des traitements lourds pour garantir la potabilité.

Un autre point de crispation concerne la croissance rapide de la production de comté : elle a plus que doublé en 30 ans, passant de 30 000 tonnes en 1991 à 72 000 tonnes en 2024, dont 10% sont désormais exportés.

Quel avenir pour la filière ?

Face à ces accusations, les producteurs de comté défendent leur filière, mettant en avant un cahier des charges parmi les plus exigeants d’Europe et l’importance économique du secteur (14 000 emplois directs et indirects). Reste que les associations environnementales jugent les efforts déjà réalisés insuffisants. Elles appellent désormais à une réduction drastique des volumes produits, voire à cesser l’exportation pour préserver le caractère local du produit.

Le problème, c’est que le fromage pollue inévitablement. Les émissions de gaz à effet de serre liées à la production de lait, notamment le méthane émis par les ruminants pèse lourd sur la balance environnementale, surtout en France, où on recense plus de 1200 variétés de fromages. Pour alléger un peu la facture sans passer au tout végétal, il est toutefois possible de miser sur des alternatives moins énergivores, comme les fromages cottage ou les fromages à pâte molle.

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