Optimus sait désormais danser. Tesla a diffusé une nouvelle vidéo de son robot humanoïde qui exécute des mouvements de ballet, sans assistance visible. Ces séquences ont été apprises entièrement en simulation, grâce aux techniques de « reinforcement learning » développées par la marque. Milan Kovac, responsable du programme Optimus, affirme que le robot n’a reçu « aucun entraînement supplémentaire» entre la simulation et la réalité. Les progrès en posture, en démarche et en balancement des bras sont indéniables.
Allez, dansez maintenant
Mais cette vitrine technologique masque encore une réalité disons plus nuancée. Lors de précédentes démonstrations, comme celle de l’événement « We, Robot », Tesla n’avait pas précisé que certaines actions d’Optimus nécessitaient une aide humaine en coulisses. Une omission qui génère pas mal de scepticisme chez une partie de la communauté robotique. Malgré sa silhouette plus fluide, Optimus reste dépendant d’un guidage invisible pour exécuter des tâches réellement utiles. En somme, il partage encore avec les voitures autonomes de Tesla le même talon d’Achille : l’assistance humaine.
https://x.com/Tesla_Optimus/status/1922456791549427867
Elon Musk ne manque pourtant pas d’ambition. Il voit dans Optimus un marché à plusieurs milliers de milliards de dollars et annonce des millions de robots produits chaque année à terme. Il évoque même une commercialisation dès 2026 à un prix compris entre 25.000 et 30.000 $. Pour l’instant, Tesla déploie quelques unités dans ses usines, notamment sur les lignes de production du futur Cybercab à la Gigafactory du Texas.
Mais pendant que Tesla peaufine ses prototypes, la concurrence multiplie les annonces et les démonstrations. Figure AI (soutenue par Microsoft et OpenAI), Boston Dynamics, Apptronik, Agility Robotics, Xpeng ou encore UBTECH en Chine présentent des robots capables de réaliser des mouvements complexes, parfois plus avancés que ceux d’Optimus. Plusieurs modèles savent déjà sauter, faire des saltos, ou pratiquer des arts martiaux. Certains, comme Figure 01 ou X1, revendiquent une autonomie partielle sans assistance humaine.
Le nerf de la guerre ne réside plus seulement dans les capacités mécaniques : la vraie course se joue désormais sur l’intégration d’une intelligence artificielle robuste et généralisée. Tesla affirme progresser sur ce front, mais n’apporte pas encore de preuve tangible d’une avance décisive.
Tesla impressionne avec des vidéos bien calibrées et un storytelling efficace. Mais dans un secteur qui évolue très vite, où les annonces se bousculent et les financements affluent, l’avance se mesure moins à une chorégraphie réussie qu’à une autonomie réelle sur le terrain. Optimus progresse, c’est évident, mais pour l’instant, il ne mène pas la danse.
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