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Le railgun électromagnétique japonais plus fort que les missiles hypersoniques

Le Japon a publié de nouvelles images et des infos supplémentaires sur son canon électromagnétique destiné à intercepter les projectiles hypersoniques. Après neuf ans de recherche et un investissement de 300 millions de dollars, cette technologie futuriste prend forme à bord du navire d’essai JS Asuka.

La Force maritime d’autodéfense du Japon (JMSDF) a dévoilé des images de son railgun dernier cri, qui est actuellement en phase de test à bord du navire expérimental JS Asuka. Cette arme, qui n’est pas sans évoquer l’univers de… Minecraft (!), représente l’aboutissement d’un programme lancé en 2016 par l’Agence d’acquisition, de technologie et de logistique (ATLA).

Menaces hypersoniques

Le principe du railgun repose sur une technologie relativement simple à comprendre, même si sa mise en œuvre pratique s’avère complexe. Comparable à un moteur électrique aplati, le système utilise des champs magnétiques pour propulser des projectiles à des vitesses extraordinaires, sans avoir recours aux explosifs traditionnels. Cette approche rappelle celle des trains à sustentation magnétique ou des catapultes électromagnétiques des porte-avions américains les plus récents.

Le prototype japonais actuel peut tirer des obus de 40 mm pesant 320 grammes à des vitesses atteignant Mach 6,5, consommant environ 5 mégajoules par tir. L’objectif à court terme est de porter cette puissance à 20 mégajoules. Ces performances placent le Japon parmi les nations les plus avancées dans ce domaine, aux côtés des États-Unis, de l’Inde, de la Chine, de l’Allemagne… et de la France également.

Depuis 2016, Tokyo a investi massivement dans cette technologie. Il s’agit pour le pays de répondre directement aux menaces posées par les missiles hypersoniques développés par la Chine et d’autres nations.

Contrairement aux armes conventionnelles où la pression des gaz de combustion endommage le canon, le railgun souffre plutôt de l’usure causée par les courants électriques intenses et le frottement entre l’armature et les rails. Pour résoudre ce problème, les ingénieurs ont abandonné le cuivre initial au profit d’alliages métalliques spécialisés, ce qui permet de tirer 120 coups sans dégradation significative des performances.

En mer, les railguns pourraient intercepter les missiles antinavires, particulièrement les missiles de croisière hypersoniques difficiles à contrer par les moyens classiques. Leur vitesse élevée et leur portée étendue permettraient d’établir une défense en couches et compléteraient les missiles surface-air embarqués.

À terre, ces canons électromagnétiques pourraient effectuer des tirs de contre-batterie contre l’artillerie ennemie positionnée en profondeur, surpassant les obusiers traditionnels en portée et en rapidité. L’ATLA envisage également leur déploiement comme artillerie côtière pour engager les navires ennemis au large, les projectiles hypersoniques étant capables de percer les coques et détruire les compartiments critiques.

L’interception des missiles hypersoniques représente toutefois un enjeu technique majeur. Contrairement aux cibles classiques, ces projectiles peuvent manœuvrer, rendant impossible l’anticipation de leur trajectoire. Il faut donc développer des « munitions intelligentes » capables de s’orienter en vol, équipées de capteurs avancés et de systèmes de guidage réagissant en temps réel.

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Source : JMSDF

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