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Votre futur smartphone n’aura qu’une seule app : c’est la vision (folle ?) du patron de Nothing

Le fondateur de Nothing et co-fondateur de OnePlus n’est pas du genre à suivre le troupeau et sa dernière sortie le prouve. Carl Pei affirme que le smartphone de demain n’aura qu’une seule application.

Et s’il n’y avait plus besoin de jongler entre des dizaines d’applications pour commander un repas, vérifier son agenda ou lancer une playlist. Notre smartphone, ou plutôt son système d’exploitation, anticiperait nos désirs, agirait en amont en se transformant en un véritable majordome numérique personnalisé à l’extrême. C’est le futur que nous dessine Carl Pei, le PDG de Nothing. Selon lui, l’OS « connaîtra parfaitement son utilisateur et sera optimisé pour cette personne » et cette transition sonnera la fin du « processus étape par étape » où l’on déverrouille, cherche, ouvre. Demain, il explique à Wired que « votre téléphone suggérera ce que vous voulez faire et le fera automatiquement pour vous ».

Un coup de pied dans la fourmilière d’un marché ennuyeux

Cette vision radicale s’explique avant tout par un constat sévère sur l’état actuel du marché. Actuellement à la tête de Nothing, Carl Pei ne se montre pas tendre avec les géants du secteur tels qu’Apple en tête. Il les accuse d’avoir perdu leur étincelle créative et de s’être « corporatisés », prenant notamment l’exemple d’Apple Intelligence. Un an après son lancement en grande pompe, il décrit l’IA de Cupertino comme « pas beaucoup plus que quelques emojis générés ». Carl Pei n’est pourtant pas du genre à être un anti-Apple, rendant hommage à l’iPod et affirmant que la marque à la Pomme l’a grandement inspiré.

Le dirigeant défend aussi la position de Nothing qui se positionne comme un électron libre capable de réinjecter de la diversité et de l’audace sur le marché. Son ambition ultime est que nous passions « moins de temps à faire des choses ennuyeuses et plus de temps sur ce qui nous importe ». Mais cette vision, encore abstraite, va demander du temps.

Un horizon à 7 ou 10 ans, semé d’embûches

La fin de l’écosystème applicatif n’est pas pour demain et Carl Pei table sur une transition de sept à dix ans. Ce délai s’explique en grande partie par l’attachement des utilisateurs pour les applications, sans oublier les questions économiques. Le marché des applications mobiles pèse des milliers de milliards de dollars et des géants comme Apple et Google tirent des revenus importants.

Les applications sont d’ailleurs à la base du succès d’Android et iOS et des difficultés rencontrés par Windows Phone ou BlackBerry. Plus récemment, et bien que le cas soit différent, l’absence des services de Google a mis à un frein aux ambitions internationales de Huawei.

Liberté, vie privée… les « mais » qui fâchent

Si la promesse de commodité est séduisante et vient de l’une des figures du secteur, d’autres questions se posent. On peut s’inquiéter du devenir des développeurs dont le gagne-pain repose sur la création d’applications et des questions de liberté de l’utilisateur. La présence d’un OS omniscient et personnalisé présente des risques et peut enfermer l’utilisateur dans une bulle algorithmique.

Il est toutefois intéressant de noter qu’après l’IA générative, c’est au tour de l’IA agentique de s’inviter dans les smartphones. Les entreprises phares de ce secteur, comme Perplexity, investissent d’ailleurs ces appareils via des partenariats (Motorola et peut-être Samsung) ou en collaborant avec des acteurs des télécoms comme Deutsche Telekom.

En attendant, Nothing pourra commencer à montrer l’étendu de sa vision dès l’été avec le lancement du très attendu Nothing Phone (3).

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