Cette transition vers un tarif variable, qui intervient dans un contexte de fin de certains contrats à prix fixe, s’inscrit dans une nouvelle stratégie commerciale de EDF, désormais contraint par la fin du tarif réglementé de vente (TRV) pour les professionnels et certains particuliers.
La mesure concerne principalement les clients particuliers ayant souscrit une offre de marché à prix fixe qui arrive à échéance cet été. Si ces derniers ne choisissent pas une nouvelle offre dans les délais impartis, EDF les basculera par défaut vers une offre dite “Vert Électrique”, indexée sur les prix de gros. Un changement qui pourrait avoir des conséquences significatives sur la facture.
Un tarif “variable” : mais variable comment ?
Contrairement aux offres à prix fixe, qui garantissent un coût du kilowattheure (kWh) stable pendant toute la durée du contrat, le tarif variable évolue en fonction du marché de gros de l’électricité. Plus précisément, l’offre vers laquelle EDF compte orienter ces 1,6 million de clients repose sur une indexation mensuelle des prix. Autrement dit, le montant payé changera tous les mois, selon les fluctuations constatées sur les bourses de l’énergie, comme Epex Spot.
Cela peut être avantageux lorsque les prix de l’électricité sont en baisse, mais l’inverse est tout aussi vrai : en cas de tension sur le marché ou de pic de consommation, la facture peut grimper sans crier gare. L’année 2022, marquée par la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, a démontré à quel point ces variations peuvent être brutales. À l’époque, les prix de gros avaient été multipliés par dix en quelques mois !
Combien cela va-t-il coûter concrètement ?
Selon les premières estimations et simulations réalisées par des comparateurs indépendants, l’offre “Vert Électrique” pourrait revenir, pour un foyer moyen, à environ 35 centimes d’euro par kWh en août 2025, contre 22 centimes environ pour le tarif réglementé actuel. La différence est donc loin d’être anodine : elle représenterait une hausse potentielle de 50 à 60 % sur la seule consommation électrique, hors abonnement. Bien sûr, ce chiffre peut varier à la baisse ou à la hausse selon l’évolution du marché dans les mois à venir, mais l’incertitude est réelle.
Autre point important : cette offre inclut une part d’électricité d’origine renouvelable, ce qui peut séduire une partie des clients sensibles aux questions environnementales. Mais pour d’autres, la priorité reste le budget, et la volatilité du tarif est source d’inquiétude.
Pourquoi cette bascule automatique ?
EDF justifie cette transition par le fait que certains contrats arrivent à échéance et qu’un choix doit être fait pour éviter la coupure d’électricité. L’entreprise indique avoir envoyé des courriers et emails d’information aux clients concernés, les invitant à choisir une nouvelle offre. Mais faute de réponse, c’est cette formule à prix variable qui sera appliquée par défaut. Une décision qui pose question, notamment en matière de consentement éclairé, alors que tous les clients ne sont pas nécessairement familiers avec les subtilités du marché de l’énergie.
L’UFC-Que Choisir et d’autres associations de consommateurs alertent déjà sur les risques de cette bascule automatique, jugée trop discrète et potentiellement pénalisante. Elles recommandent vivement aux clients de vérifier l’état de leur contrat et d’examiner les alternatives avant la date fatidique du 15 juillet.
Que faire si l’on est concerné ?
Il est encore temps d’agir ! EDF a mis en place un espace dédié sur son site internet permettant à chacun de consulter l’état de son contrat et de changer d’offre s’il le souhaite. D’autres fournisseurs concurrents proposent également des offres fixes ou hybrides, parfois plus compétitives. Le changement de fournisseur d’énergie reste gratuit, sans coupure, et peut se faire à tout moment.
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