La réforme du tiers payant en pharmacie marque un tournant dans la gestion des remboursements des soins de santé en France. Désormais, plus question de bénéficier du tiers payant sans présenter sa carte Vitale. Cette mesure, annoncée par l’Assurance maladie le 17 juin 2025, entend renforcer la lutte contre les abus et la fraude, notamment sur certains médicaments particulièrement ciblés par les trafics ou les détournements.
C’est quoi déjà le tiers payant ?
Le tiers payant permet aux assurés de ne pas avancer les frais de santé : l’Assurance maladie règle directement le professionnel de santé, évitant ainsi au patient de devoir payer de sa poche avant d’être remboursé. Jusqu’alors, la présentation de la carte Vitale était déjà fortement recommandée, mais elle devient aujourd’hui systématique pour toute délivrance de médicaments.
Sur carte physique et dématérialisée
L’objectif affiché par la Caisse nationale d’assurance maladie est triple : sécuriser la délivrance des médicaments à risque, limiter la fraude et améliorer la traçabilité du parcours de soins. Les médicaments concernés sont en effet ceux qui peuvent faire l’objet de trafics ou de mauvais usages, d’où la nécessité de renforcer leur contrôle. La présentation de la carte Vitale entend aussi lutter contre l’usurpation d’identité.
La Cnam précise que cette obligation s’applique aussi bien à la carte physique qu’à sa version dématérialisée. Ainsi, il suffira en théorie d’être en possession de l’une ou de l’autre pour éviter d’avoir à avancer les frais en pharmacie. Cette évolution espère accompagner la numérisation progressive de la carte Vitale, avec l’arrivée d’une application mobile qui devrait être généralisée à la fin de l’année 2025. Reste que pour le moment, mieux vaut se contenter du format physique : très peu de professionnels de santé acceptent la carte Vitale sur smartphone.
Quelques exceptions
Des exceptions sont prévues. Les nourrissons de moins de trois mois et les résidents en Ehpad pourront continuer à bénéficier du tiers payant sans présenter de carte Vitale. Un moyen estime la Cnam, de ne pas pénaliser les personnes vulnérables ou dépendantes. Pour les bénéficiaires de l’aide médicale de l’État, la présentation d’une carte AME sera requise à la place de la carte Vitale. En cas d’oubli, l’assuré devra avancer les frais de ses médicaments et sera ensuite remboursé par l’Assurance maladie, selon les procédures habituelles.
La Cnam insiste sur la responsabilisation des assurés, et des “bons réflexes” à adopter : en pensant à présenter sa carte Vitale à chaque passage en pharmacie, les patients évitent l’avance de frais, et s’assurent d’une prise en charge plus rapide.
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