Six mois après la sortie de la version 13 de son logiciel de conduite autonome supervisée, Tesla ne semble pas avoir amélioré de manière significative les performances FSD sur ses véhicules. Malgré les déclarations enthousiastes d’Elon Musk sur une augmentation supposée de « 5 à 6 fois » de la distance parcourue entre deux désengagements critiques, les données issues de la communauté pointent une amélioration bien plus modeste, autour de 2 fois.
Ça bouchonne en Europe
La dernière version 13.2.9 présente même des performances en baisse par rapport à la précédente, avec seulement 600 km parcourus en moyenne entre deux interruptions du système. Sur les modèles équipés du matériel HW3, pourtant promis à une conduite sans supervision depuis 2016, la version 12 reste la norme, et Elon Musk a fini par reconnaître qu’ils ne seraient jamais capables d’atteindre cet objectif.
Pendant ce temps, Tesla concentre ses ressources sur un programme pilote de robotaxis à Austin, Texas. Mais celui-ci est limité à une zone géographique restreinte, fonctionne avec l’aide de téléopérateurs humains — une solution qui a ses limites — et ne représente pas une avancée généralisable à l’ensemble du parc automobile de la marque.
FSD Supervised can handle Arc de Triomphe no problem
If there is a bigger roundabout in France, please let us know in the comments 😀
Pending regulatory approval pic.twitter.com/IPR0jLiOW7
— Tesla Europe & Middle East (@teslaeurope) May 16, 2025
En Europe, Tesla a publié une série de vidéos montrant FSD évoluer sans intervention dans les rues animées de Paris et Rome, pour convaincre les autorités européennes. L’un des clips montre une Tesla franchissant sans encombre l’Arc de Triomphe. Une autre vidéo la met à l’épreuve dans les rues étroites et embouteillées de la capitale italienne. À travers ces démonstrations, Tesla tente de prouver que son système est prêt pour l’Europe.
Mais la stratégie ne suffit pas. Elon Musk s’est publiquement plaint des lenteurs du processus réglementaire européen, qu’il attribue notamment aux autorités néerlandaises, chargées de l’homologation des véhicules Tesla dans l’UE. Il a qualifié le blocage de « très frustrant » et estime que le FSD réduit les risques d’accident de quatre fois selon les statistiques internes de la marque. Un argument qui ne convainc pas encore les régulateurs, particulièrement prudents face aux implications juridiques et techniques du passage à une conduite totalement automatisée.
À titre de comparaison, Mercedes est actuellement le seul constructeur à bénéficier d’une autorisation pour la conduite autonome de niveau 3 en Europe, limitée à certaines portions d’autoroute en Allemagne et à 95 km/h. Cette validation repose sur une architecture redondante de sécurité, et sur l’usage du Lidar, une technologie que Tesla a toujours refusé d’adopter, préférant miser uniquement sur les caméras et le traitement logiciel.
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