Après avoir annoncé la suppression de deux jours fériés, le Premier ministre François Bayrou s’attaque aux colis. Dans un contexte de récession économique, le gouvernement français vient de dévoiler une mesure majeure pour 2026 : instaurer une taxe sur les envois volumineux. Objectifs affichés : protéger le commerce local, encourager les circuits courts face à la prolifération de marchandise chinoise, et adapter la consommation à de nouveaux équilibres économiques.
Il faut dire que la situation est préoccupante : en 2024, la France a recensé 800 millions de petits colis importés, sur 1,5 milliard réceptionnés. 91% de ces envois provenaient directement de Chine, qui a multiplié par quatre le volume de ses exportations vers l’Europe ces dernières années. Derrière ce chiffre, on assiste à une transformation profonde des habitudes de consommation, portée par le e-commerce international et des plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress. Une croissance qui s’explique aussi par le régime d’exonération des envois de moins de 150€, introduit par une directive européenne en 2010, qui permettait à la plupart de ces colis d’échapper aux droits de douane et à la TVA.
Une taxe pour rééquilibrer la concurrence
Le Premier ministre a annoncé, lors de la présentation du projet de budget 2026, la création d’une taxe sur les petits colis, destinée à protéger les commerces et les producteurs locaux de la marée de concurrence déloyale qui les assaille. Concrètement, il s’agirait de revenir sur le cadre de 2010 en soumettant ces envois à une contribution forfaitaire — la Commission européenne travaille déjà à une taxe de 2 euros par colis d’ici 2026, l’idée n’est donc pas complètement farfelue.
La taxe s’inscrit dans un mouvement plus large de soutien aux filières locales et aux circuits courts. Avec cette proposition, le gouvernement espère accélérer les changements dans les modes de consommation à l’échelle nationale, et notamment lutter contre la désindustrialisation du territoire, en réorientant la demande vers des produits locaux, moins compétitifs en prix mais plus vertueux socialement et écologiquement.
Les consommateurs vont devoir payer
C’est évidemment l’un des points de discorde principaux qui entourent la proposition. Une taxe sur les colis se répercuterait fatalement sur le consommateur final. D’autant plus que les plateformes n’auraient sans doute aucun mal à contourner les règles établies, en regroupant les commandes, ou en proposant des circuits alternatifs. Entre protection du commerce local, recherche d’équité fiscale et soutien aux circuits courts, la France fait face à un carrefour éthique et économique. Reste à voir quelle direction le pays choisira d’emprunter.
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