Le gouvernement a confirmé une modification du mode de calcul du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), un indicateur devenu central dans la vie immobilière des Français. Résultat : environ 850 000 logements devraient sortir automatiquement des classes F et G, celles des “passoires thermiques”.
Un coefficient trop pénalisant pour l’électricité
Le DPE évalue la performance énergétique d’un logement en se basant sur deux critères : la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Pour les logements chauffés à l’électricité, le calcul reposait jusqu’ici sur un coefficient de conversion énergie finale/énergie primaire fixé à 2,3. En clair, pour chaque kilowattheure consommé, le système considérait qu’il avait fallu en produire 2,3, pénalisant les logements chauffés à l’électrique.
Or, ce coefficient ne reflétait plus la réalité du mix énergétique français, très largement décarboné grâce au nucléaire et aux renouvelables. En abaissant ce coefficient à 1,9 dès le 1ᵉʳ janvier 2026, le gouvernement corrige une anomalie que de nombreux professionnels du secteur dénonçaient depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle version du DPE en 2021.
Un changement de coefficient pas anodin
Il aura un effet mécanique sur les calculs du DPE, sans que les propriétaires n’aient à engager le moindre travaux. Une étude du spécialiste Casam estime ainsi que plus de 7 millions de résidences principales verront leur DPE s’améliorer, dont 850 000 sortiront des très mal notées classes F ou G. Dans près de 91 % des cas, il s’agit de logements chauffés à l’électricité, qui basculeront ainsi vers des classes plus favorables, comme E ou D.
Le calendrier législatif est d’ores et déjà en route : un arrêté devrait être publié en septembre 2025 pour officialiser cette évolution, qui s’appliquera à tous les DPE établis ou révisés à partir de janvier 2026.
Depuis quelques années, le DPE est devenu un outil central de régulation du parc immobilier français. Les logements classés F et G sont progressivement soumis à des interdictions de location, dans le cadre de la lutte contre les passoires thermiques voulue par la loi Climat et Résilience. Certains propriétaires se retrouvaient ainsi avec des logements théoriquement invendables ou invivables, uniquement en raison d’un calcul jugé trop sévère pour l’électricité.
Le nouveau calcul va donc réhabiliter des dizaines de milliers de biens, notamment dans les zones rurales ou les petites surfaces, souvent chauffées par des convecteurs électriques. Pour ces logements, la revalorisation du DPE pourra faire toute la différence : maintien dans le parc locatif, accès à la vente, ou simple tranquillité d’esprit pour les occupants.
Pour autant, il ne s’agit pas d’un passe-droit général puisque tous les logements F ou G ne seront pas reclassés. Ceux qui présentent des déperditions importantes (mauvaise isolation, ponts thermiques, simples vitrages…) resteront mal notés. L’effort de rénovation énergétique reste donc d’actualité pour une partie importante du parc.
Mais pour les logements bien isolés, dont le seul tort était leur mode de chauffage, cette modification est une mesure d’équité. Elle aligne le DPE sur les ambitions écologiques de la France, sans en faire porter indûment le coût à certains foyers.
Vers un DPE plus juste… et plus crédible
Cette évolution intervient alors que la crédibilité même du DPE avait été remise en cause ces derniers mois, notamment pour les petites surfaces, parfois surclassées ou sous-classées à cause d’un mode de calcul peu adapté. Le gouvernement entend ainsi restaurer la confiance dans cet outil, qui conditionne désormais l’accès à certaines aides, la mise en location ou les ventes immobilières.
Avec ce nouveau DPE version 2026, le signal est clair : l’électricité n’est plus l’ennemie du logement durable. Et la transition énergétique ne peut pas se faire sans tenir compte des réalités techniques, économiques et écologiques du terrain. Un pas dans le bon sens, salué autant par les professionnels que par les particuliers concernés.
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