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Pornographie : X bientôt obligé de vérifier l’âge de ses utilisateurs ?

Face à la prolifération de contenus pornographiques accessibles sur X, les autorités européennes accentuent la pression sur la plateforme d’Elon Musk.

La protection des mineurs en ligne face à la pornographie affole régulièrement les régulateurs. Si la plupart des sites concernés voient la loi SREN comme une menace pour leur activité, d’autres plateformes réussissent à passer entre les mailles du filet. Alors que la majorité des grandes plateformes mondiales – YouTube, TikTok, Instagram – proscrivent rigoureusement la diffusion de contenus sexuels explicites, X fait figure d’exception assumée. Depuis l’ère Musk, l’ex-Twitter tolère ouvertement la pornographie, au point de devenir un espace d’expression privilégié pour de nombreux créateurs de ce type de contenus.

Sauf que cette spécificité ne passe pas eu Europe. Le siège social européen de X étant établi en Irlande, c’est la Commission irlandaise des médias qui tient le rôle de gendarme dans l’application du nouveau Code de la sécurité en ligne (Online Safety Code) adopté en octobre 2024. Désormais, la simple déclaration sur l’honneur ne suffit plus pour restreindre l’accès des mineurs à la pornographie. De son côté, la Commission a constaté l’absence de mesures concrètes prises par X, à l’inverse des autres géants du numérique qui ont commencé à mettre en place des systèmes de vérification plus robustes. Dans un communiqué publié jeudi, la Commission des médias   explique : “Nous avons demandé à X une explication sur les mesures prises pour se conformer au Code de sécurité en ligne d’ici vendredi, et nous prendrons des mesures s’il existe des preuves de non-conformité“.

Quelles solutions pour X ?

Sous pression européenne, X dispose désormais de deux options : justifier d’un dispositif fiable de vérification de l’âge (identification biométrique, contrôle par document officiel, recours à des tiers certifiés, etc.), ou faciliter la mise en place de véritables outils de contrôle parental pour filtrer efficacement les contenus sensibles.

À défaut, la plateforme s’expose à des amendes pouvant aller jusqu’à 10% de son chiffre d’affaires mondial ou 23 millions d’euros, un seuil parmi les plus élevés jamais prévu par les régulations européennes.

Pourquoi c’est compliqué ?

Si l’obligation de vérifier l’âge recueille un consensus politique large autour de la protection de la jeunesse, sa mise en application à l’échelle d’un réseau global suscite de nombreuses interrogations, notamment en termes de fiabilité des outils de vérification et de protection de la vie privée. La tentation pour X de retarder sa mise en conformité, en invoquant les défis technologiques et la défense de l’anonymat, se heurte toutefois à la détermination nouvelle des régulateurs. Rappelons que récemment, plusieurs plateformes X avaient fait le choix de disparaître du web français (en menaçant d’élargir leur décision à l’échelle européenne) pour protester contre les lois de protection, jugées liberticides.

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