L’industrie du divertissement réclame un durcissement radical de la lutte, avec en ligne de mire des mécanismes de blocage automatisés, en temps réel, et l’implication de nouveaux acteurs jusqu’ici restés dans l’ombre, comme le rapporte TorrentFreak. Le décor est planté lors d’une consultation lancée par Bruxelles, visant à évaluer l’efficacité de sa recommandation de 2023 sur la lutte contre le piratage des retransmissions sportives et autres directs. Un sujet brûlant, car un match de football ou un concert piraté perd toute sa valeur une fois le direct terminé. Pour les ayants droit, chaque minute compte.
Le blocage dynamique et en temps réel : l’arme de choix
La MPA, qui représente les plus grands studios et plateformes de streaming, ne mâche pas ses mots. Si elle salue les outils existants, elle dénonce une Europe à deux vitesses. Dans son viseur : l’Allemagne, la Pologne ou encore la Bulgarie, accusées de ne pas appliquer correctement, voire pas du tout, les directives permettant un blocage efficace des sites pirates. En Allemagne, par exemple, le parcours du combattant juridique pour obtenir le blocage d’un site est jugé trop long et coûteux, laissant le champ libre aux contrevenants.
Face à des pirates agiles qui déjouent les blocages en créant de nouveaux noms de domaine en quelques clics, la riposte doit être à la hauteur. « Une action rapide est nécessaire », martèle la MPA. La solution ? Des systèmes de blocage « dynamiques » et « automatisés », capables d’être mis à jour en temps réel. « La MPA soutient ces mécanismes », écrit l’association, citant en exemple l’Italie, la Grèce, le Portugal et le Brésil où de tels outils permettent déjà des interventions quasi instantanées.
Élargir le front : les CDN et les VPN dans le viseur
Mais la véritable révolution que réclament les géants du divertissement est ailleurs. Pour eux, la bataille ne doit plus se limiter aux seuls fournisseurs d’accès à Internet (FAI). Il est temps d’impliquer toute la chaîne technique. La MPA demande que les réseaux de diffusion de contenu (CDN) comme Cloudflare, les fournisseurs de VPN, les hébergeurs et même les moteurs de recherche soient mis à contribution. Ces intermédiaires sont considérés comme des maillons essentiels, souvent involontaires, de la chaîne de diffusion pirate. « Leur engagement est nécessaire pour rendre le blocage ciblé techniquement possible », affirme la MPA, soulignant que les pirates s’appuient sur eux pour masquer leurs infrastructures et échapper aux poursuites.
Au-delà du blocage, la MPA veut s’attaquer à l’anonymat des pirates. Pour cela, elle exige que les intermédiaires techniques (hébergeurs, fournisseurs de VPN..) soient légalement obligés de savoir qui sont leurs vrais clients. L’objectif est de pouvoir enfin mettre un nom sur les responsables des services illégaux pour les poursuivre plus efficacement.
Cette position est d’ailleurs loin d’être isolée. D’autres grands noms comme DAZN ou le groupe Mediaset (MFE-MEDIAFOREUROPE) ont formulé des demandes similaires, décrivant la législation actuelle comme une « occasion manquée » de cibler ces acteurs clés. La balle est désormais dans le camp de la Commission Européenne, qui va devoir analyser ces contributions. Toutefois, le message des ayants droit est clair et unanime : l’heure n’est plus aux recommandations, mais à l’action législative pour doter l’Europe d’un arsenal anti-piratage digne de ce nom.
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