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En France, un implant cérébral contre l’apnée du sommeil pourrait changer la vie des patients

Une solution concrète pour lutter contre l’apnée du sommeil est en cours de développement à Lyon, et elle est prometteuse.

Favorisée par l’hygiène de vie, l’obésité, le stress et l’apnée du sommeil touche 4 à 5% de la population en France. Non traitée, elle peut entraîner de sérieuses complications de santé, allant de la fatigue chronique, aux problèmes cardiovasculaires et métaboliques. Et si jusqu’à présent, les solutions de traitement étaient principalement liées à la PPC, machine de pression positive continue, qui oblige à dormir avec un masque relié à une machine soufflante, le HCL de Lyon a annoncé les résultats d’une enquête prometteuse. Le groupe a présenté cette semaine la première implantation de la technologie Inspire, un neurostimulateur implantable au niveau du nerf hypoglosse, qui contrôle les muscles de la langue sur un patient de 59 ans, suivi depuis trois ans dans le service de médecine du sommeil et des maladies respiratoires de l’hôpital de la Croix-Rousse.

Aider les patients en difficultés

L’apnée du sommeil perturbe la respiration nocturne par des interruptions fréquentes, de 10 à 30 secondes, causées par l’obstruction des voies aériennes. Le trouble touche un pourcentage non négligeable de la population, mais il est largement sous-diagnostiqué et parfois mal pris en charge. Même en cas de traitement par PPC, un patient sur deux abandonne dans les trois ans, jugeant le dispositif trop contraignant, ou peu efficace.

Apnée Sommeil (1)
© CHU Lyon

C’est dans ce contexte qu’Inspire entre en jeu. Le dispositif, comparable à un pacemaker, inclut trois éléments : un petit stimulateur inséré dans le thorax, une électrode de détection de la respiration, et une électrode de stimulation posée sous le menton. Lorsqu’une pause respiratoire est détectée pendant le sommeil, le système envoie un signal électrique au nerf hypoglosse, ce qui fait légèrement avancer la langue pour libérer le passage de l’air, de manière indolore et synchronisée avec la respiration du patient. L’activation du dispositif s’effectue via une simple télécommande, que le patient utilise au coucher pour contrôler la mise en marche.

Le parcours de soins est encadré par une équipe conjointe de médecine ORL et de spécialistes du sommeil. L’implantation, relativement légère (deux incisions, sous anesthésie générale, en environ deux heures), obéit à des critères de sélection : indice de masse corporelle inférieur à 32, échec ou intolérance avérée aux traitements classiques, et tests endoscopiques pour s’assurer de l’efficacité future du dispositif. Après une période de cicatrisation, le neurostimulateur est ensuite activé et paramétré sur-mesure pour chaque patient.

Commercialisé aux États-Unis depuis plus de dix ans, et en Europe depuis 2010, Inspire a convaincu plus de 90 000 patients dans le monde et a fait l’objet de nombreuses publications scientifiques. En France, cette solution a reçu un avis favorable de la Haute Autorité de Santé en 2022 et bénéficie d’un remboursement par la Sécurité sociale depuis août 2024.

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Source : CHU Lyon

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