Alors que l’entreprise accumule les mauvaises nouvelles depuis le début de l’année 2025, son conseil d’administration vient de valider l’attribution de 96 millions d’actions à Elon Musk. Une rémunération colossale de 29 milliards de dollars qui questionnent sur les véritables buts de Tesla, surtout quand on regarde de près les performances actuelles du constructeur.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et ils ne sont pas beaux à voir. L’action Tesla dégringole de 19 % depuis janvier, les ventes américaines reculent de 8 % sur les cinq premiers mois de l’année et c’est encore pire en Europe avec une chute de 33 % sur le premier semestre.
Cette débâcle commerciale trouve en partie son origine dans les sorties politiques de Musk. Le milliardaire a soutenu Donald Trump lors de la campagne présidentielle, une prise de position qui divise profondément sa clientèle historique. Les données de S&P Global Mobility révèlent un effondrement de la fidélité des clients Tesla. En juin 2024, 73 % des propriétaires de Tesla rachetaient une Tesla. En mars 2025, ce taux chute à 49,9 %, en dessous de la moyenne du secteur automobile. Tesla, qui trustait depuis des années la première place en matière de fidélité client, se retrouve désormais derrière Chevrolet et Ford.
Un pari risqué sur l’avenir technologique
Face à cette crise, Tesla mise tout sur son patron emblématique. Le conseil d’administration justifie cette rémunération pharaonique par la nécessité de garder Musk concentré sur l’entreprise. L’argument tient la route quand on sait que l’homme papillonne entre SpaceX, xAI, Neuralink, X et The Boring Company.
Robyn Denholm et Kathleen Wilson-Thompson, respectivement présidente et membre du conseil d’administration, expliquent que perdre Musk équivaudrait à perdre non seulement ses talents, mais aussi sa capacité unique à attirer les meilleurs profils. Dans le contexte actuel de guerre des talents en intelligence artificielle, cet argument prend du poids.
Tesla veut se transformer. Fini le temps où l’entreprise se contentait de fabriquer des voitures électriques. La direction mise désormais sur les robotaxis et les robots humanoïdes. Cette transition technologique majeure nécessite effectivement des compétences pointues et une vision à long terme que Musk semble incarner mieux que personne.
Ce qui n’est pas signalé ici et qui est pourtant notre analyse et celle de beaucoup d’experts du marché, c’est que Musk possède actuellement 13 % des actions de Tesla et son départ de la société pourrait considérablement affaiblir sa performance sur les marchés financiers. Plus Tesla performe mal, plus Musk semble récompensé pour rester. C’est révélateur de la dépendance de l’entreprise envers son patron emblématique, même quand les résultats ne suivent pas.
Les actionnaires pris en otage
Cette rémunération astronomique intervient dans un contexte judiciaire complexe. En janvier 2024, une juge du Delaware avait annulé le précédent plan de rémunération de Musk, estimé à 56 milliards de dollars. La justice reprochait au conseil d’administration des conflits d’intérêts et un processus d’approbation biaisé. Malgré une nouvelle validation par les actionnaires, la justice a maintenu sa position.
Les actionnaires auront le dernier mot lors de l’assemblée générale du 6 novembre. Ils devront trancher entre leur mécontentement face aux résultats décevants et leur attachement à un patron qui a fait de Tesla une marque mondiale à l’équilibre boursier vacillant.
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