En pleine relance de la guerre commerciale entre les États-Unis et le reste du monde, Donald Trump vient de frapper fort, en annonçant, mercredi 6 août 2025, une surtaxe de 100 % sur les puces et semi-conducteurs importés. L’objectif derrière cette décision est limpide : inciter à la relocalisation industrielle. Mais le leader mondial du secteur, TSMC, est miraculeusement exempté… le géant taïwanais des semi-conducteurs ne sera pas assujetti à la taxe, car il possède déjà plusieurs usines aux États-Unis.
Dans un contexte de compétition technologique mondiale, cette décision marque une escalade sans précédent, puisqu’elle menace, à court terme, de conduire à l’augmentation massive du prix des composants électroniques, et par en fin de chaîne, de tous les appareils technologiques. Pourtant, la mesure est loin d’être aveugle. En exemptant les entreprises asiatiques ayant un pied-à-terre aux États-Unis, Trump veut pousser les géants du secteur à implanter leurs usines sur le territoire américain.
TSMC épargné par le silicon shield
Logique donc, que Taiwan Semiconductor Manufacturing Company soit épargné. L’entreprise s’est engagée depuis des années dans une vaste opération de relocalisation aux États-Unis, injectant la somme record de 100 milliards de dollars dans la construction d’usines en Arizona. Cette stratégie n’a rien d’altruiste : elle vise aussi à préserver le statut du silicon shield, concept stratégique qui protège Taïwan de l’isolement face à la Chine et garantit l’attention – et l’appui – de Washington.
Aux États-Unis et dans le monde entier, TSMC équipe aussi bien les iPhone d’Apple que les supercalculateurs boostés à l’IA de Nvidia. Sa puissance n’a pas échappé à la Maison-Blanche : exempter l’entreprise, c’est garantir la continuité de l’approvisionnement des grandes industries américaines.
Des répercussions mondiales
À Tokyo, la nouvelle provoque l’inquiétude parmi les grands équipementiers et fondeurs japonais. Beaucoup ont vu leur valorisation chuter, même si l’industrie japonaise garde encore l’avantage sur certains secteurs clés, indispensables aux usines américaines. Pour la Malaisie ou la Chine en revanche, spécialisées dans les puces d’entrée de gamme, le couperet risque d’être fatal. Pour les entreprises qui en ont les moyens, l’objectif sera sans doute d’accélérer une implantation US pour bénéficier d’exemptions similaires. Le Sud-Coréen Samsung s’est par exemple associé à Texas Instruments pour construire des usines de puces aux États-Unis, espérant ainsi limiter la casse sur son chiffre d’affaires international. Une stratégie payante, puisque l’entreprise observait une hausse de près de 2 points à la Bourse de Taipei après cette annonce, rapportent nos confrères de BFM TV.
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