L’idée vient de Gilles Taieb, étudiant à l’ECAM-EPMI, qui a voulu redonner vie à un principe mécanique oublié. « Les anciens modèles d’hovercraft m’ont fortement inspiré, mais la technologie semblait incomplète et mal orientée », explique-t-il. « Elle était envisagée à l’époque pour remplacer les systèmes automobiles classiques, mais rapidement, ses inconvénients l’ont enterrée. »
Un concept qui modernise le coussin d’air
Son Overboard reprend le même principe de coussin d’air, mais avec une approche revue et améliorée : un système breveté produit de l’air comprimé en continu, directement intégré dans la planche. « J’utilise une technologie différente pour produire l’air comprimé », précise le concepteur. « Mes brevets portant sur les technologies de pompage m’ont grandement aidé. »
Pour concevoir l’appareil, il a mis au point un algorithme capable de « dimensionner la planche selon la taille théorique du système de pompage », afin de trouver un équilibre entre puissance de levage et confort d’utilisation. L’objectif n’est pas de remplacer les moyens de transport classiques, mais de proposer une alternative amusante (et casse-gueule ?) pour de courts trajets.
L’Overboard repose sur une conception hybride : seules les zones soumises à de fortes contraintes mécaniques sont en acier, tandis que le reste est fabriqué par impression 3D. Pour pallier le manque d’étanchéité habituel de ces pièces, il a fallu imaginer des procédés particuliers. La propulsion est entièrement fabriquée sur mesure, mais d’autres éléments (roulements, clapets, ressorts…) sont issus du commerce, ce qui devrait réduire les coûts de production et faciliter une fabrication à grande échelle.
Les premiers essais ont permis d’estimer le débit d’air minimal nécessaire pour soulever une personne de moins de 100 kg. Gilles Taieb a également développé une motorisation avec réducteur pour fournir le couple nécessaire aux propulseurs, testée pour l’instant sur un seul élément. La prochaine étape consiste à ajouter des capots pour permettre une lubrification continue et à mesurer précisément la vitesse et le débit obtenus.
Malgré l’absence de démonstration publique en conditions réelles, le projet attire déjà l’attention, notamment dans le cadre des James Dyson Awards. Il y a là du potentiel pour les déplacements urbains ! Cette planche à air comprimé pourrait aussi ravir les passionnés de sports extrêmes en quête de nouvelles sensations.
Reste à voir si l’Overboard pourra passer du prototype à un produit fiable et sûr, capable de répondre aux exigences techniques et réglementaires. Si c’est le cas, la planche volante pourrait bien devenir un peu plus qu’une note dans la grande histoire des engins ludiques et alternatifs… avec quelques années de retard sur Retour vers le futur 2, qui se déroule en 2015 !
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