Avec le RU1, TERASi a conçu un appareil portable de communication conçu pour les situations où la vitesse et la souveraineté des données priment. Présenté comme le plus petit et le plus léger radio mm-wave du marché, il cible aussi bien les opérations militaires que les secours d’urgence ou les projets industriels isolés.
Le champ de bataille des communications sécurisées
TERASi entend se faire une place sur un terrain jusqu’ici largement dominé par SpaceX et son réseau Starlink. Avec son RU1, la jeune pousse suédoise promet un outil simple à déployer et pensé pour les missions critiques. L’appareil peut être installé en quelques minutes, fixé sur un trépied ou embarqué sur un drone. Reliés entre eux, plusieurs RU1 forment un réseau maillé capable de transmettre de la vidéo en direct, de gérer des flottes autonomes ou de fusionner des données de capteurs.
« RU1 peut être déployé en quelques minutes pour maintenir les unités connectées dans des environnements en constante évolution », résume James Campion, cofondateur et directeur général de TERASi, qui le compare à « une sorte de GoPro du backhaul radio ». L’objectif est de fournir une connectivité immédiate là où l’infrastructure classique est absente ou détruite.
Si Starlink a prouvé son utilité sur le front ukrainien, son contrôle centralisé entre les mains d’une seule personne peu fiable reste une faiblesse. Elon Musk a été critiqué pour avoir restreint l’accès au réseau lors de moments stratégiques, comme à Kherson en 2022. TERASi s’appuie sur cet épisode pour mettre en avant sa différence : avec le RU1, le réseau appartient entièrement à ses utilisateurs. Pas de risque de coupure décidée par un acteur externe.
Techniquement, le dispositif se distingue par ses faisceaux très étroits, difficiles à brouiller ou intercepter, avec une empreinte au sol inférieure à trois kilomètres. À titre de comparaison, Starlink couvre environ 1.000 km avec ses signaux, ce qui les exposent davantage. Côté performances, TERASi annonce jusqu’à 10 Gbit/s aujourd’hui, 20 Gbit/s demain, et une latence inférieure à cinq millisecondes. Autant d’arguments importants pour des usages comme la détection de drones ou les communications tactiques.
L’ambition de TERASi dépasse toutefois la sphère militaire. La société vise également les secours lors de catastrophes naturelles, où la restauration rapide de liaisons haut débit peut sauver des vies. Les grands chantiers industriels, les exploitations minières ou encore les sites énergétiques reculés figurent aussi parmi les cibles. Partout où attendre le rétablissement de la fibre ou du satellite n’est pas envisageable, RU1 pourrait apporter une solution immédiate.
James Campion insiste sur le caractère complémentaire de son produit face aux satellites : « Starlink reste utile pour connecter de vastes zones avec des capteurs statiques et peu gourmands en données. RU1 donne, lui, le contrôle et la liberté de bâtir un réseau souverain à la demande ».
L’entreprise espère séduire des gouvernements, mais aussi des organisations civiles et humanitaires à la recherche d’une alternative sûre et rapide. Même si le dispositif n’a pas l’envergure mondiale de Starlink, la combinaison de sécurité, de vitesse et d’autonomie pourrait en intéresser plus d’un — surtout dans un monde où confier ses communications à une entreprise privée américaine reste un pari risqué.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.