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“Mini-pass” : pourquoi ces nouveaux forfaits TV low cost font trembler les chaînes de télévision ?

Aux États-Unis, de nouveaux forfaits saisonniers font frémir les géants du divertissements. Disney et Warner Bros saisissent la justice.

Le paysage audiovisuel mondial est plus éclaté que jamais. Entre le streaming par abonnement et les réseaux linéaires, les spectateurs voient leurs factures grimper en flèche partout dans le monde. Aux États-Unis, c’est particulièrement vrai en l’absence d’un service public conséquent pour informer et divertir. Les consommateurs sont depuis toujours invités à souscrire des abonnements auprès d’entreprises du câble. Tandis que les plateformes comme Netflix, Disney+ ou encore Prime Video continuent de grappiller des parts de marché, la télévision doit aussi affronter un nouveau phénomène qui prend de l’ampleur. Lancés par le service de télévision en streaming Sling TV, proche de Molotov par exemple, les “mini-pass” sont au coeur d’une bataille juridique entre Disney, Warner Bros et Dish Network. Mais c’est quoi ?

La télévision à la carte

Lancés en août dernier, les “mini-pass” TV offrent aux clients de Sling TV l’opportunité de choisir les programmes et les événements pour lesquels ils souhaitent payer. Ils étaient jusqu’ici contraint de s’abonner pour une durée indéterminée. Concrètement, pour 4,99 dollars, les clients de Sling TV peut profiter d’un accès à certaines chaînes pour une journée, une semaine ou un weekend. En temps normal, le forfait s’élève à 45,99 dollars par mois. Cette initiative, qui semble s’inscrire en réponse à une tendance qui s’installe chez les consommateurs, avait plutôt bien été accueillie par les spectateurs. Il faut dire qu’ils sont de plus en plus nombreux à s’abonner et de désabonner aux chaînes et plateformes de streaming au gré des sorties. C’est d’ailleurs pour contrer cette tendance que Netflix abandonne son traditionnel binge-watching et mise sur des saisons en plusieurs parties.

Mais la nouvelle offre de Sling TV ne passe pas auprès des géants de la télévision linéaire, à commencer par Warner Bros et Disney. Les deux entités viennent d’attenter une action en justice contre la filiale de Dish Network. Elles l’accusent de ne pas respecter les conditions de leurs contrats de distribution. En d’autres termes, Sling TV joue à un jeu dont les règles n’ont pas été fixées en discussion avec les principaux intéressés. Un porte-parole de Disney explique à Deadline : “Les nouvelles offres de Sling TV, mises à disposition à notre insu et sans notre consentement, violent les termes de notre contrat de licence existant”. 

Pourquoi ça pose problème ?

Outre le non respect des conditions du partenariat de Sling TV avec Disney et Warner Bros, les deux entités évoquent la pression que ces formulent pourraient imposer sur leurs modèles économiques. L’industrie télévisuelle est sur le déclin et se repose sur ces abonnements mensuels pour produire ses programmes, acheter les droits des compétitions sportives majeures ou encore investir dans la création d’oeuvres de fiction. Warner :

“Permettre aux consommateurs de choisir des programmes ou des jours de la semaine auxquels s’abonner empêcherait les diffuseurs de planifier et d’investir correctement dans leur programmation linéaire, ni de monétiser l’ensemble du contenu qu’ils acquièrent et produisent pour leurs chaînes linéaires”

L’entreprise redoute également que d’autres partenaires de diffusion se mettent à proposer des solutions d’abonnements similaires. Sling TV estime que les plaintes de Warner Bros et Disney sont “sans fondement” et annonce qu’elle “défendra vigoureusement notre droit à offrir aux clients une expérience de visionnage adaptée à leur vie, à leur emploi du temps et à leurs conditions”.

Un modèle qui s’invite en France

Les géants du streaming aussi sont confrontés à un plafond de verre. Les offres se multiplient en France comme ailleurs, laissant aux consommateurs une multitude de choix qui pèsent lourd sur leur budget. Récemment, la plateforme TF1+ a lancé un système qui se rapproche de celui de Sling TV. Si la première chaîne mise sur sa formule gratuite pour séduire les spectateurs, elle a lancé un système de micro-paiements qui permet de profiter par exemple de soirées sans pubs ou encore de contenus jusqu’ici réservés aux abonnés Premium… à la carte.

Toutes ces initiatives sont le reflet d’une situation de plus en plus compliquée pour les acteurs du divertissement de salon. Le marché est saturé et les entreprises doivent trouver de nouveaux stratagèmes pour grappiller des parts de marché. Reste à voir maintenant si les consommateurs y trouveront leur compte. Une chose est certaine, le petit écran est à un tournant.

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