SpaceX a passé un nouveau cap symbolique ce week-end, avec le déploiement d’une nouvelle fournée de satellites web Starlink qui consolide encore davantage son hégémonie sur l’orbite terrestre basse.
Samedi 13 septembre, un lanceur Falcon 9 s’est élancé depuis la base de l’US Space Force à Vandenberg, en Californie, avec 24 satellites Starlink à son bord. Il s’agissait de la 300ᵉ mission de ce type depuis 2019.
Falcon 9, la référence inépuisable
Ce chiffre illustre parfaitement l’incroyable cadence de lancement de l’entreprise. Grâce à son Falcon 9, ce lanceur partiellement réutilisable qui s’est imposé comme la bête de somme la plus productive de l’industrie, SpaceX avait déjà lancé environ 70 % des fusées mondiales en 2024.
Elle semble bien partie pour continuer sur cette lancée, notamment grâce à ses progrès dans le domaine de la réutilisation. Le booster utilisé lors de ce 300ᵉ lancement, immatriculé B1071, en était déjà à son 28ᵉ vol — deux de moins que le record établi le mois dernier.
Au-delà des performances remarquables des Falcon 9, ce chiffre est aussi représentatif de la croissance infernale de la constellation Starlink. À ce jour, environ 8 400 de ces appareils sont actifs en orbite terrestre basse — un chiffre incroyable, tout simplement sans équivalent dans l’histoire de l’aérospatiale.
Une domination sans partage
Pour référence, sur les 60 premières années de l’ère spatiale (entre 1957 et 2017), environ 8 000 satellites ont été lancés au total. Cela signifie qu’à elle seule, SpaceX a lancé plus de satellites en six ans que le reste de la planète en un demi-siècle. Selon Jonathan McDowell, un astronome qui fait partie des références mondiales dans le suivi des objets spatiaux, il y a un peu moins de 12 000 satellites actifs en orbite terrestre basse en ce moment.
En 2025, la constellation Starlink représente donc plus de deux tiers de tous les satellites actifs dans ce domaine. Et ses principaux concurrents sont encore très loin derrière. La constellation OneWeb d’Eutelsat, deuxième acteur majeur à l’heure actuelle, en compte 634. Le projet Kuiper d’Amazon, qui se positionnait initialement comme un concurrent majeur à Starlink, est encore balbutiant, avec une petite centaine d’appareils déployés pour le moment.
À moyen et long terme, c’est en Chine que la concurrence devrait être la plus importante. Le pays de Xi Jinping prévoit en effet de déployer plusieurs mégaconstellations comme Guowang, Qianfan / G60, et Honghu-3 qui devraient toutes dépasser les 10 000 unités. Mais ces projets n’arriveront pas à maturité avant plusieurs années, et seules quelques dizaines d’engins ont été déployés à ce jour.
En d’autres termes, l’entreprise d’Elon Musk est en train de redéfinir le paysage spatial comme aucune entité ne l’a fait auparavant ; pour l’instant, personne ne semble en mesure de rivaliser avec la cadence infernale et la maîtrise opérationnelle de SpaceX.
Nous vous donnons donc rendez-vous d’ici quelques années pour voir comment ce rapport de force va évoluer… et comment l’industrie va gérer les conséquences de cette course à l’espace, à commencer par le problème de saturation de l’orbite qui inquiète déjà la NASA depuis plusieurs années.
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