Ce système pouvait brouiller des antennes de téléphonie mobile, mener des attaques par déni de service (DDoS) et permettre des communications chiffrées entre criminels. « Ce réseau avait le potentiel de mettre hors service les tours cellulaires et de paralyser le réseau mobile à New York », a expliqué l’agent spécial Matt McCool dans une déclaration vidéo.
Une capacité de nuisance colossale
Découvert en août, l’ensemble impressionne par son ampleur et son niveau d’ingénierie. Chaque serveur SIM, en réalité un boîtier électronique capable d’héberger plusieurs dizaines, voire centaines de cartes SIM, était équipé d’antennes permettant d’établir une connexion simultanée vers de multiples réseaux mobiles. Reliés les uns aux autres, ces équipements formaient une véritable « ferme » de télécommunications parallèle.
D’après le Secret Service, cette infrastructure pouvait générer jusqu’à 30 millions de SMS anonymes par minute, une capacité digne des plus grandes plateformes de messagerie. Les photos diffusées par l’agence montrent des alignements de racks métalliques saturés de cartes SIM et d’antennes, ce qui n’est pas sans rappeler l’organisation d’un data center, mais conçu pour détourner l’usage des réseaux cellulaires.
Techniquement, un tel dispositif pouvait être exploité non seulement pour saturer les réseaux (attaques DDoS ciblant les infrastructures mobiles), mais aussi pour contourner les systèmes de détection et brouiller la traçabilité des communications.
D’après l’agence, une première analyse met en évidence des échanges entre au moins un État étranger et des individus déjà connus des autorités américaines, comme par exemple des membres de cartels. Seuls quelques pays disposeraient de l’expertise nécessaire pour concevoir un tel réseau, comme la Russie, la Chine ou Israël. L’opération aurait aussi pu servir à de l’espionnage à grand échelle, au vu de l’impressionnant équipement.
Bien que le dispositif ait été découvert à proximité de l’Assemblée générale de l’ONU, les autorités n’ont pas confirmé l’existence d’une menace directe contre l’événement. Le Secret Service, qui assure la sécurité du rassemblement international, a néanmoins jugé urgent de neutraliser ce réseau en raison de sa puissance de nuisance et de sa localisation.
« Le potentiel de perturbation posé par ce réseau ne peut être sous-estimé », a insisté Sean Curran, directeur du Secret Service. L’affaire reste ouverte : aucune arrestation n’a pour l’instant été annoncée et les analyses techniques se poursuivent. « Nous continuerons à suivre toutes les pistes jusqu’à comprendre pleinement l’intention de cette opération et identifier ceux qui en sont responsables », a conclu Matt McCool.
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