Au départ pourtant, l’idée avait de quoi inquiéter : autonomie, temps de recharge, fiabilité… les sapeurs redoutaient que ce gros jouet ne soit pas à la hauteur. « On ne peut pas se permettre d’expérimenter en situation d’urgence », rappelaient certains pompiers. Mais il fallait remplacer les anciens camions, en fin de vie, et miser de nouveau sur le diesel n’était plus envisageable.
Les pompiers roulent vert
Le chef de la caserne, Jürgen Wettlaufer, a donc poussé pour une alternative « plus durable et tournée vers l’avenir ». Le constructeur Rosenbauer est arrivé avec son RT : un monstre de 490 chevaux, ergonomique, équipé d’un prolongateur d’autonomie fonctionnant au biodiesel. De quoi rassurer les plus sceptiques : même en cas d’opération longue, impossible de tomber en rade de batterie.
Dans les faits, le quotidien des pompiers n’a pas changé… si ce n’est en mieux. Sur le campus de Garching, les véhicules parcourent en moyenne 2,4 km pour rejoindre une intervention. Avec cinq à six appels par jour, la batterie suffit largement à couvrir les besoins. Le prolongateur n’est mis en marche que pour les opérations dépassant la demi-heure.
Et surtout, la différence se fait entendre. « On peut enfin discuter entre nous sans hurler par-dessus le moteur, et la radio passe nickel », raconte une pompière. La pompe à eau plafonne à 75 décibels — l’équivalent d’un aspirateur — quand le diesel faisait vibrer toute la rue. Bonus non négligeable : les fumées d’échappement ont disparu dans 97 % des interventions.
Le Rosenbauer RT ne mise pas que sur le silence. Le camion embarque un réservoir de 1.600 litres d’eau et 120 litres de mousse pour attaquer le feu immédiatement, quatre moteurs électriques Volvo Penta (dont deux pour la traction, totalisant 350 kW), une batterie de 100 kWh et un châssis pensé pour la maniabilité : 2,35 mètres de large, direction arrière et empattement de 4,10 mètres. Une version spéciale livrée à Hambourg peut même traverser 80 centimètres d’eau grâce à son châssis réglable en hauteur.
Après douze mois, le bilan est clair et net : les camions électriques ont gagné le cœur des pompiers ! Et l’expérience devrait aller plus loin avec des panneaux solaires installés sur le toit de la caserne pour alimenter directement les batteries. « Notre expérience prouve que ça marche, et beaucoup de services nous appellent pour savoir comment on fait », résume Jürgen Wettlaufer. De quoi donner des idées à d’autres villes, en Allemagne et ailleurs.
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