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L’IA, une menace pour l’emploi… ou peut-être pas

L’inquiétude de voir l’intelligence artificielle remplacer les emplois humains est devenue un sujet d’inquiétude très prégnant, et c’est logique : depuis l’avènement de ChatGPT fin 2022, les études se sont multipliées sur le sujet en dépeignant un avenir très sombre. Mais la réalité est un peu différente.

Plus de 7 Américains sur 10 redoutent que la technologie ne déstabilise profondément le marché du travail. Pourtant, les résultats d’une nouvelle enquête réalisée par Creatio, une plateforme spécialisée dans la gestion de la relation client (CRM), proposent une vision plus nuancée.

L’IA, un collègue plutôt qu’un remplaçant ?

D’après les 550 dirigeants interrogés, seulement 11 % anticipent une réduction significative des effectifs avec l’adoption de l’IA. À l’inverse, 83 % estiment que les systèmes automatisés – en particulier les agents intelligents – viendront épauler les employés et pourraient même créer de nouvelles fonctions.

L’idée dominante reste celle d’une collaboration homme-machine, et non pas du remplacement complet de l’homme par la machine. L’IA prendrait en charge les tâches répétitives, ce qui permettra aux salariés de consacrer leur énergie à des missions plus créatives ou stratégiques. « La montée en compétences deviendra une obligation plutôt qu’un simple atout », souligne Creatio, qui insiste sur l’importance de former les équipes à l’utilisation de ces outils.

Cette approche rejoint les conclusions d’autres études récentes. Indeed, par exemple, a montré que l’IA modifie surtout les compétences requises dans les offres d’emploi plutôt qu’elle ne supprime directement les postes. Les annonces tendent à exiger des aptitudes liées à l’IA, poussant certains candidats à embellir leur CV pour rester compétitifs.

Des acteurs du secteur technologique misent déjà sur ce discours plus facile à entendre. Asana a ainsi lancé en version bêta ses « AI Teammates », des agents conçus pour agir comme de véritables collègues virtuels. L’idée est d’intégrer l’IA dans les équipes sans la présenter comme une menace.

Cela n’empêche pas des voix influentes de continuer à prédire un avenir bien plus sombre. Dario Amodei, patron d’Anthropic, a déclaré que la moitié des emplois de bureau pourrait disparaître d’ici cinq ans. Sam Altman, le CEO d’OpenAI, a lui aussi évoqué la possible disparition de « classes entières de métiers ». Ces déclarations contribuent à entretenir l’anxiété des travailleurs, ce d’autant que l’IA a déjà réduit le nombre de postes disponibles pour les jeunes ingénieurs.

En l’état actuel des choses, impossible de dire si l’on se dirige vers une vague de licenciements massifs ou une simple évolution du monde du travail comme il y en a régulièrement. L’IA reste une technologie encore jeune, dont les usages varient beaucoup d’une entreprise à l’autre. Mais le message envoyé par les dirigeants interrogés est assez clair : il est temps de miser sur la formation et l’adaptation plutôt que de céder à la peur.

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Source : ZDnet

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