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Skate en early access : on télécharge ou pas ?

Le jeu de skate d’EA revient dans une version early access qui, c’est le moins qu’on puisse dire, divise les joueurs en devenant un générateur de même. Ce nouveau Skate mérite-t-il qu’on lui donne sa chance ?

Après des années d’attente, EA a enfin sorti Skate du placard pour le propulser dans l’ère du jeu-service. Cette early access marque le grand retour d’une franchise qui a marqué toute une génération de joueurs dans les années 2000. Mais attention, les développeurs veulent être clairs à son sujet : ce n’est ni une suite, ni un remake, mais bien une « évolution » de la série. Une évolution qui fait grincer quelques dents, mais qui m’a pourtant plutôt convaincu.

Des sensations de glisse toujours au rendez-vous

Le système Flick-It reste la grande force de ce nouveau Skate. C’est une mécanique de contrôle au stick droit permettant d’effectuer des tricks à condition de se souvenir du geste. À titre de comparaison, c’est bien plus difficile à réaliser que les combinaisons de touche d’un Tony Hawk Pro Skater. Pourtant, on est ici dans un système de contrôle qui semble le plus organique pour un jeu de skate, avec une grande courbe de progression. Quand on réalise un manual parfait en trouvant le point d’équilibre magique du stick avec une sortie en kickflip d’un coup de joystick, les sensations sont grisantes.

La physique de la planche conserve cette fluidité caractéristique qui distinguait déjà la série des autres jeux de skateboard. Les développeurs ont su préserver l’essence de ce qui faisait la magie des premiers opus, cette impression de vraiment contrôler une planche et pas juste un avatar qui saute.

Un terrain de jeu social qui fait sens

Le choix du multijoueur en ligne permanent peut paraître étrange au premier regard, mais il s’avère plus pertinent qu’on pourrait le croire. Contrairement aux MMO traditionnels, Skate propose une approche détendue où chaque joueur vit sa propre expérience dans un environnement partagé.

Croiser d’autres skaters dans la ville crée une ambiance particulière. Voir des dizaines de joueurs enchaîner les tricks dans les skateparks, découvrir les créations des autres utilisateurs avec l’éditeur de rampes, ou simplement observer les prouesses techniques d’un rider expérimenté aide à donner de la vie au jeu. Il faut dire aussi que voir les chutes monumentales de certains joueurs tomber pile devant soi a une dimension particulièrement comique.

Une direction artistique mitigée

Graphiquement, ce nouveau Skate assume un virage stylistique vers plus de couleurs et de propreté. Malheureusement, cette nouvelle mouture souffre d’un problème majeur avec une aseptisation complète de son univers. Là où les anciens Skate dégageaient une authenticité brute, cette version propose un compagnon IA nommé Vee absolument insupportable. Ses dialogues robotiques et ses références datées brisent constamment l’immersion. Heureusement, il sera possible de vite désactiver ses commentaires dans les options du jeu.

La ville elle-même, malgré ses qualités esthétiques, manque totalement d’âme. San Vansterdam ressemble plus à un gigantesque skatepark qu’à une vraie ville. Cette approche gomme complètement l’aspect subversif du skateboard, cette capacité à détourner l’environnement urbain hostile pour en faire un terrain de jeu. Tout paraît trop lisse, trop propre, trop pensé pour la pratique du skate.

Une progression qui sent le free-to-play à plein nez

Le système de progression révèle rapidement ses travers de jeu-service. Les défis quotidiens répétitifs, les missions de collecte et surtout cette obligation de passer par la boutique pour débloquer des objets cosmétiques cassent le rythme. La série est passée d’une monétisation classique à un système de lootbox qui n’est pas des plus attirant. On sent ici une volonté de la part d’EA de gagner une source de revenu plus rentable avec un effet de groupe, qui n’est pas forcément synonyme d’amélioration de la licence.

Test de Skate
© Robin Sabbadini / Electronic Arts

Un casting audio qui rate complètement sa cible

La bande-son illustre parfaitement le problème de direction artistique de ce nouveau Skate. Avec 70 morceaux datant de 2024-2025 sur une playlist de 100 titres, impossible de retrouver l’identité musicale qui caractérisait la série. Le skateboard puise ses racines dans le punk, le hip-hop old school et l’alternative rock, pas dans les dernières tendances Spotify.

Cette curation musicale révèle une méconnaissance flagrante de la culture skate et de son héritage.

La machine à même est en marche

Test de Skate
© Robin Sabbadini / Electronic Arts

Difficile pour moi ici de juger le bienfait ou nous des acrobaties ridicules possibles dans Skate. Étrangement, le jeu propose notamment que votre personnage se mette en boule ce qui a pour effet d’avancer plus vite qu’en skateboard. Entre ça et un backflip en courant, il est clair que le réalisme est souvent jeté par la fenêtre, pour des options qui n’améliorent pas forcément le gameplay. N’empêche que les nombreux mêmes à ce sujet pullulent en ce moment sur les réseaux sociaux sont finalement un bon point ici.

8 Go pour se faire une idée

Malgré les défauts de Skate, il ne faut pas oublier qu’il est gratuit et ne pèse que 8 Go. Cette légèreté technique permet de tester le jeu sans véritable engagement, juste pour retrouver ces sensations de glisse uniques. Une heure de jeu suffit largement pour déterminer si le plaisir compense les irritations du reste.

Les fondamentaux restent solides et l’early access laisse espérer des améliorations futures. EA pourrait corriger certains travers, enrichir le contenu et peut-être retrouver un peu de cette authenticité perdue. En attendant, rien ne vous empêche de télécharger, de tester, et de décider par vous-même si cette évolution vous convient après avoir lu les points forts et les points faibles du titre ici.

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