Voilà une nouvelle qui a de quoi réjouir les 5% de Français qui utilisent le navigateur Firefox pour leurs recherches au quotidien. Mozilla vient d’annoncer l’intégration d’un service VPN gratuit directement dans son navigateur Firefox. Cette décision intervient alors que le marché des logiciels VPN connaît un essor fulgurant en France, notamment depuis l’entrée en vigueur de l’obligation de vérification d’âge sur les sites pour adultes (comme PornHub ou YouPorn).
Actuellement en phase de test auprès d’un nombre limité d’utilisateurs, Firefox VPN pourrait bien redistribuer les cartes sur un marché déjà encombré. Mais cette annonce soulève également des questions essentielles : un VPN gratuit peut-il vraiment garantir une protection optimale ? Et Mozilla, entreprise américaine, peut-elle tenir ses promesses de confidentialité ?
Une approche pragmatique
La proposition de Mozilla se distingue par son approche pragmatique : contrairement aux VPN traditionnels qui protègent l’ensemble du trafic internet d’un appareil, Firefox VPN se concentre uniquement sur les données transitant par le navigateur. Cette limitation technique devient un avantage en termes de simplicité : vous n’aurez aucune application supplémentaire à installer et il n’y a donc aucune configuration complexe. Si Firefox est donc plus limité sur la couverture, il a l’avantage d’être plus simple à utiliser et surtout, il est gratuit ! Pour rappel, le VPN standard de Mozilla coûte par défaut 4,99$ par mois.
Pour comprendre l’intérêt d’un tel outil, il faut d’abord rappeler qu’un VPN masque votre adresse IP réelle en faisant transiter votre connexion par un serveur distant. Résultat : le FAI ne peut plus espionner vos activités en ligne, et les sites web que vous visitez ne voient qu’une adresse IP anonyme liée à ce serveur distant. Cela vous évite de laisser des informations à toutes ces parties prenantes et cela vous assure une vraie confidentialité en ligne.
Mozilla promet aussi que le VPN Firefox sera sans limitation de bande passante et sans impact sur la vitesse de connexion, deux arguments de poids qui peuvent séduire les utilisateurs. L’entreprise affirme aussi qu’elle ne conservera que des données techniques essentielles au fonctionnement du service : informations de connexion, volume de données utilisé quotidiennement. Ces métadonnées seraient supprimées après trois mois.
Mais c’est quand même sur ce point que le bât blesse : Mozilla a beau afficher des intentions louables, sa localisation géographique pose problème. L’entreprise est basée aux États-Unis et elle exploite des serveurs américains, ce qui la place automatiquement sous la juridiction américaine. Or, les États-Unis font partie de l’alliance Five Eyes, qui est un accord de partage de renseignements entre pays anglophones qui facilite la surveillance gouvernementale. Autrement dit, Mozilla pourrait être légalement contrainte de modifier ses pratiques ou de répondre à des demandes gouvernementales.
Cette réalité juridique contraste fortement avec les VPN “premium” établis dans des pays réputés pour la protection de la vie privée, comme la Suisse ou le Panama. Des services comme ExpressVPN ou NordVPN qui font aujourd’hui partie des meilleurs VPN ont choisi ces juridictions pour garantir une protection maximale contre les ingérences étatiques. Selon le média tech américain Gizmodo, cette question de localisation reste LE critère déterminant dans le choix d’un VPN.
9200 serveurs
128 pays couverts
30 jours satisfait ou remboursé
10 connexions simultanées
Un marché saturé
Mozilla n’est pas pionnier sur ce terrain, et il ne fait ici que rattraper son retard sur la majeure partie de ses concurrents : Opera a un VPN gratuit intégré, tandis que Brave a développé sa propre solution, et que Vivaldi passe par ProtonVPN. Microsoft Edge a aussi introduit des fonctionnalités de protection similaires, même si elles ne sont encore une fois pas aussi avancées que celles d’un vrai VPN pure-player.
Faut-il obligatoirement utiliser la solution native à tous ces navigateurs pour être protégé lorsqu’on navigue sur internet ? Non, puisque les VPN traditionnels ont pour la plupart développé un add-on qui permet de protéger le trafic de Firefox en quelques clics. Vous pouvez donc réunir le meilleur des deux mondes, entre la simplicité d’un add-on sur le navigateur et la fiabilité d’un VPN premium.
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