Tesla vient de ramener une fonctionnalité particulièrement controversée de son système d’assistance à la conduite Full Self Driving; le déploiement de la mise à jour v14.1.2 marque en effet le grand retour du mode Mad Max.
Ce nom est directement emprunté à la célèbre franchise post-apocalyptique créée en 1979 par George Miller. Dans ces films, une grande partie de l’action tourne souvent autour de pillards vouant un culte à leurs véhicules modifiés, qu’ils conduisent de manière extrêmement agressive et imprudente lors de courses-poursuites spectaculaires.
Si le mode Mad Max des Tesla ne transforme pas la voiture en char d’assaut post-apocalyptique, il emprunte en revanche cette philosophie de conduite sur le fil du rasoir. Il permet en effet au véhicule d’effectuer des changements de voie plus fréquents et plus rapides, de suivre les véhicules de plus près… et même d’ignorer le code de la route, si l’on en croit les témoignages de conducteurs qui ont surpris des Tesla en train de griller des feux rouges ou de dépasser allègrement les limitations de vitesse.
Holy shit. Just look at Tesla Self-Driving 14.1.2 mad max mode go. I've never seen a self-driving car drive like this.
And then at the end the gate to the parking lot was closed, so it parked on the street instead. Amazing. pic.twitter.com/FitiTb0Veb
— Whole Mars Catalog (@WholeMarsBlog) October 16, 2025
Une initiative incompréhensible
Autant dire que la légitimité de ce mode de conduite est assez discutable — ce n’est pas un hasard si la première version, introduite en 2018, avait progressivement disparu après avoir suscité moult polémiques. Mais son retour devient carrément incompréhensible dans le contexte actuel, sachant que le Full Self Driving est déjà la cible de vives critiques et même d’une enquête fédérale de la NHTSA, l’agence fédérale qui régule le trafic sur les autoroutes américaines.
Cette dernière reproche en effet à Tesla de laisser son système enfreindre sciemment le code de la route. La semaine dernière, elle a annoncé l’ouverture d’une enquête officielle après plusieurs dizaines d’accidents attribués au FSD, dont certains mortels. Si elle est reconnue coupable, l’entreprise pourrait être forcée de rappeler près de trois millions de véhicules.
Le timing est donc assez surprenant, pour ne pas dire carrément irresponsable. Dans ce contexte, le retour de cette fonctionnalité pourrait même être interprété comme un pied de nez d’Elon Musk à l’administration, sachant que ce dernier n’a jamais caché son désamour pour les réglementations qui “freinent l’innovation”.
Les conducteurs français n’ont rien à craindre
La bonne nouvelle, c’est que les Tesla ne vont pas soudainement se mettre à faire des queues de poisson aux usagers français. En Europe, le déploiement complet du Full Self-Driving reste bloqué en raison de la réglementation stricte de l’Union européenne sur les systèmes d’aide à la conduite.
Contrairement aux États-Unis, toute fonction qui implique une forme d’autonomie doit être homologuée par les autorités nationales et respecter des normes de sécurité strictes. Tesla n’a toujours pas réussi à obtenir cette validation, notamment parce que le FSD s’appuie sur des fonctions de prise de décision autonome qui ne sont pas considérées comme sûres dans le cadre légal européen.
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