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La PS6 ne sera pas le monstre de puissance que tout le monde attend

Shuhei Yoshida vient de lâcher une bombe concernant la prochaine PS6.

Yoshida ne mâche pas ses mots dans le dernier podcast auquel il a participé. L’ancien président de Sony Interactive Entertainment Worldwide Studios explique qu’il peine désormais à distinguer un jeu avec ray tracing activé d’un autre sans la technologie s’il n’y a pas d’images comparatives. Même constat pour les taux de rafraîchissement élevés. Quand on connaît l’ADN de PlayStation étant de repousser les limites graphiques à chaque génération, cela n’est pas vraiment rassurant.

La PS5 représente peut-être le dernier véritable bond en avant ressenti par les joueurs. Son SSD ultra-rapide a transformé l’expérience dans la conception des jeux que n’importe quelle amélioration graphique récente. Yoshida parle même d’un miracle technologique. Les temps de chargement quasi inexistants ont changé la donne pour tous les titres. Depuis, les jeux ne présentent plus de zone où un personnage passe par un couloir uniquement créé dans le but de charger la suite de la map.

Le plafond de verre du jeu vidéo

Shawn Layden, ancien PDG de Sony America, enfonce le clou. Selon lui, très peu de joueurs lui en premier peuvent vraiment faire la différence entre 90 et 120 images par seconde. Mark Cerny lui-même, l’architecte de la PS5 et de la PS5 Pro, reconnaît que l’approche actuelle du ray tracing a atteint ses limites.

Cette convergence d’opinions parmi les plus grands de PlayStation n’est pas anodine et dessine à quoi on peut s’attendre avec la PS6. Sony se retrouve face à un mur. Continuer à augmenter la puissance brute ne suffira plus à impressionner les joueurs. La différence entre la PS5 Pro et la PS5 classique illustre parfaitement ce problème. De 500 à 800 euros, difficile de justifier un écart de prix aussi important pour des améliorations visuelles aussi subtiles.

Sony va devoir fondamentalement changer son approche pour la PS6 ?

Yoshida appelle Sony à carrément repenser son ADN. La firme doit abandonner sa fixation sur les graphismes de pointe qui définit la marque depuis des décennies. Cette philosophie a certes produit des jeux magnifiques, mais selon l’ancienne tête pensante de Sony, le prix à payer est bien trop élevé. Les budgets de développement explosent et les cycles de s’allongent démesurément avec une inflation devenue insoutenable pour l’industrie. Les studios prennent des risques financiers énormes à chaque projet, les prises de risques sur les histoires originales et le gameplay sont de moins présentes et les joueurs ressentent une certaine lassitude face à des titres sensiblement similaires.

La PS6 face à un dilemme

Sony travaille déjà sur la prochaine génération avec AMD via le Projet Amethyst. Les innovations techniques promettent des avancées, mais Cerny reste prudent. Le lancement prévu fin 2027 ou début 2028 laisse le temps de peaufiner, mais les attentes restent mesurées. Difficile aussi de proposer de véritables avancées technologiques sans augmenter les tarifs des machines, leur consommation et leurs systèmes de refroidissement tout en dégageant des bénéfices.

Sony doit trouver l’équilibre entre innovation technologique et accessibilité. Layden suggère de baisser les prix et de simplifier l’expérience plutôt que de courir après des différences imperceptibles. Nintendo prouve d’ailleurs depuis des années qu’on peut cartonner sans avoir la console la plus puissante. La PS6 ne sera probablement pas le monstre de puissance que certains espèrent. Sony mise plutôt sur l’intelligence artificielle, l’optimisation et peut-être sur des expériences différentes. Le succès d’Astro Bot démontre qu’un bon gameplay créatif surpasse souvent des pixels supplémentaires.

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