La journée du lundi 20 octobre a été marquée par une panne mémorable d’Amazon Web Services, alias AWS, un pilier de l’infrastructure web dont l’absence a eu des répercussions considérables à l’échelle mondiale. Amazon a livré quelques informations sur l’origine de cet incident, en expliquant qu’il s’agissait d’un problème de résolution DNS.
Le DNS, ou Domain Name System, est un maillon crucial de la chaîne qui permet aux utilisateurs d’accéder à des sites web ; il peut être assimilé à un grand annuaire d’Internet qui fait correspondre chaque nom de domaine, comme journaldugeek.com, à son adresse IP.
Lorsqu’un internaute tape une adresse dans son navigateur, une requête est envoyée pour résoudre le nom de domaine : le système DNS traduit alors ce nom lisible en une adresse IP unique, permettant au navigateur de localiser le serveur correspondant pour que le client puisse accéder à son contenu. Selon Amazon, c’est ce système de traduction qui a cessé de fonctionner lundi, empêchant les utilisateurs d’accéder aux serveurs hébergeant le contenu même si ceux-ci fonctionnaient parfaitement.
Quelques heures après les premiers signalements, Amazon a réussi à corriger le problème. Mais ce dysfonctionnement a tout de même rappelé à l’ensemble des opérateurs et des internautes à quel point le DNS et les protocoles qui lui permettent de fonctionner sont essentiels au bon fonctionnement d’Internet. Sans eux, même les infrastructures les plus robustes deviennent inaccessibles, paralysant une grande partie du web.
Un colosse aux pieds d’argile
En parallèle, cette panne a aussi mis en lumière les risques associés à la centralisation des réseaux à l’échelle mondiale. Au premier trimestre 2025, AWS hébergeait ou fournissait l’infrastructure d’une part considérable du web mondial, avec environ un tiers du marché de l’infrastructure cloud. Et lorsqu’un de ces mastodontes tombe malade, ce sont des pans entiers de l’Internet qui s’écroulent avec lui, comme nous l’avons constaté lundi.
Lorsque des dizaines de plateformes très populaires, comme des services de communication (Signal, Zoom…), des services d’intelligence artificielle comme Perplexity, des jeux vidéo comme Fortnite et des systèmes de transfert d’argent comme Venmo deviennent soudainement inaccessibles, il devient difficile d’ignorer les implications de cette centralisation pour la résilience d’Internet, qui joue un rôle vital dans notre société. C’est notamment pour cette raison que de nombreux spécialistes plaident pour une diversification des fournisseurs de cloud et une décentralisation accrue des services critiques, afin de limiter l’impact d’une panne isolée.
Mais en pratique, cet idéal risque malheureusement d’être difficile à concilier avec l’impitoyable réalité du marché. Les géants du cloud comme AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud, qui investissent des sommes colossales dans leurs infrastructures, cherchent évidemment à accroître leur part de marché. Ce n’est pas seulement un indicateur de succès commercial, mais aussi un levier stratégique très important pour ces entités qui ont tout à gagner à se rendre indispensables, notamment pour attirer des géants de l’industrie et signer des contrats extrêmement rémunérateurs.
Dans ce contexte, sera-t-il seulement possible de réduire cette dépendance systémique ? Cela semble relativement improbable. Il faudra donc toucher du bois pour que les grands acteurs de l’industrie parviennent à rendre toute cette infrastructure aussi solide que possible, afin d’éviter que ces incidents ne se multiplient à l’avenir.
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