Un million d’euros de trop-perçu, c’est ce que réclame la Sécu à un kinésithérapeute dans les Yvelines. Selon les informations d’Actu.fr, Frédéric Juge aurait été rappelé à l’ordre par l’organisme public et sommé de rembourser une somme exorbitante. Raison évoquée : avec jusqu’à 150 patients traités par jour, la Caisse primaire d’assurance maladie estime que le praticien a largement outrepassé son devoir de “qualité, sécurité et efficacité des soins”.
150 patients par jours, comment c’est possible ?
Selon le praticien, cette fréquentation record de son cabinet est liée à ses méthodes de consultation groupée. Il indique en effet recevoir sept à huit patients en simultané, avec une rotation toutes les 30 minutes. Problème, l’Assurance Maladie et la réglementation française imposent qu’un kinésithérapeute consacre au minimum 30 minutes individuelles par patient. Recevoir 150 malades en une seule journée reviendrait donc à travailler 75h sur 24, selon les calculs de l’organisme. Forcément, les calculs ne sont pas bons.
Logiquement, le praticien réfute toute fraude, et conteste la demande de trop-perçu réclamé par la CPAM. Il indique notamment que l’équipement de son cabinet lui permet d’accueillir plusieurs patients de manière semi-autonome. Toujours selon Actu.fr, Frédéric Juge explique notamment s’être spécialisé dans le traitement par électrothérapie, qui consiste à administrer de petites impulsions électriques sur les zones à traiter. Durant ce processus, le patient reste actif, mais le kinésithérapeute n’intervient pas directement. Une explication qui, en théorie, permettrait d’expliquer sa cadence record : à raison de huit patients par demi-heure, il est en effet possible d’atteindre les 150 consultations en un peu plus de neuf heures de travail. C’est beaucoup, mais humainement réalisable.
Les associations professionnelles montent au créneau
L’explication du praticien passe mal auprès de sa communauté professionnelle. Interrogée par Ouest France, la communauté professionnelle territoriale de santé 78 Porte de Normandie indique : “Les machines ne remplacent ni la main, ni l’œil, ni la présence ou encore le raisonnement clinique du professionnel. La kinésithérapie moderne repose sur une approche globale du patient, intégrant les dimensions physiques, psychologiques et sociales“.
Sans accord à l’amiable, la situation devrait se régler au tribunal. Pour autant, elle questionne surtout l’une des plus grosses problématiques de notre système de santé. En France, la demande médicale est largement supérieure aux capacités d’accueil des praticiens et des praticiennes. Certains rendez-vous ne peuvent pas être honorés avant plusieurs mois de délai, laissant les malades dans une situation souvent précaire.
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