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Le Japon teste avec succès un railgun monté sur un navire

C’est une première mondiale réalisée par le Japon : tirer un projectile à Mach 6,5 depuis un canon électromagnétique installé sur un navire. Le pays pourrait bien réussir là où les États-Unis ont échoué.

Le Japon vient de franchir une étape très importante dans le développement de ses armes à énergie dirigée. L’Agence pour l’acquisition, la technologie et la logistique (ATLA), qui dépend du ministère japonais de la Défense, a dévoilé des images inédites d’un tir réel de railgun depuis le navire d’essai JS Asuka. Ces tests, menés entre juin et juillet 2025 avec le soutien des Forces maritimes d’autodéfense, constituent une première : jamais auparavant un canon électromagnétique japonais n’avait été tiré depuis un bâtiment opérationnel.

Un pari technologique que les États-Unis ont abandonné

Le railgun de Tokyo est un monstre technologique : il pèse environ huit tonnes, mesure six mètres de long et propulse des projectiles en acier de 40 mm pesant 320 grammes à une vitesse d’environ 2.230 m/s, soit près de 7 fois la vitesse du son ! L’arme, mise au point avec l’aide du groupe Japan Steel Works, repose sur un principe aussi simple qu’extrême : l’accélération d’un projectile par des champs électriques et magnétiques, sans poudre ni ogive explosive.

Le Japon a officiellement lancé son programme de railgun en 2016, avec des tirs à balles réelles depuis 2022. Le pays veut surmonter les deux obstacles qui ont bloqué des projets similaires à l’étranger : la stabilité des projectiles à très haute vitesse, et l’usure du canon due à la chaleur et aux contraintes mécaniques.

L’exemple américain sert ici de contre-modèle. Après plus d’un demi-milliard de dollars dépensés, la marine des États-Unis a renoncé à son propre railgun en 2021. Les prototypes, incapables de tirer plus de trente fois avant de détruire leur canon, ont poussé Washington à se tourner vers les lasers. Ces armes à énergie dirigée se sont toutefois révélées peu fiables sur le terrain, avec des performances variables selon les conditions atmosphériques.

Le principal avantage du railgun réside dans son coût et sa flexibilité. Contrairement à un missile guidé, chaque tir ne dépend que d’une impulsion électrique, ce qui réduit drastiquement le prix de la munition et la logistique associée. L’arme pourrait servir aussi bien à des missions d’interception qu’à des frappes de précision à grande distance. Elle fonctionne aussi en tout temps, à la différence des lasers dont l’efficacité chute dans les nuages ou le brouillard.

Après des années de recherches et d’échecs internationaux, le Japon semble aujourd’hui le plus proche de transformer le railgun de science-fiction en arme opérationnelle. Reste à savoir si ça sera suffisant contre Godzilla la prochaine fois qu’il voudra détruire Tokyo.

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