Passer au contenu

Amazon annonce 30 000 licenciements pour laisser place à l’IA

Alors qu’elle promet une révolution technologique, Amazon enclenche une mutation sociale sans précédent en faveur de l’IA.

Amazon n’avait pas connu telle hémorragie depuis 2022 : hier, l’entreprise américaine a annoncé la suppression de 30 000 postes. Les premiers licenciements, prévus dès ce mardi 28 octobre, toucheront essentiellement les fonctions support — ressources humaines, logistique, cloud et jeux vidéo — soit jusqu’à 10 % des cols blancs de la firme. Ces suppressions ne concernent pour l’instant ni les entrepôts ni les livreurs.

Derrière ces chiffres, une nouvelle logique s’impose : celle d’une entreprise en pleine rationalisation, après des années de croissance dopées par la pandémie. Entre 2018 et 2022, l’entreprise avait triplé ses effectifs pour répondre à la demande explosive du commerce en ligne. Trois ans plus tard, la croissance ralentit, mais la transformation numérique s’accélère. L’IA est au cœur de la machine, et elle commence doucement, mais sûrement à remplacer les humains sur certaines tâches.

Une statégie qui fait mouche

L’annonce aurait pu effrayer les marchés, mais c’est tout le contraire. L’action Amazon a gagné plus de 1 % ce lundi. Avec une valorisation de 2 900 milliards de dollars, l’entreprise reste le cinquième groupe le plus valorisé au monde et affiche une santé financière à toute épreuve, avec 670 milliards de chiffre d’affaires annuel pour 70 milliards de bénéfices, rapportent nos confrères du Monde.

Mais cette solidité masque une concurrence croissante : Microsoft et Google s’imposent sur le cloud computing, qui représente désormais 17 % des revenus du groupe. Surtout, Amazon est à la traîne dans la course à l’IA générative, et ce ne sont pas ses nouvelles fonctionnalités Alexa qui changeront les choses.

L’automatisation, horizon ou menace ?

Deux documents internes donnent le ton de cette transformation. En juin, le PDG Andy Jassy avait affirmé dans une note interne adressée aux employés que “L’intelligence artificielle nous conduira à réduire nos effectifs au fil du temps“.  Quelques mois plus tard, un rapport obtenu par The New York Times vient préciser cette vision : Amazon ambitionnerait d’automatiser jusqu’à 75% de ses opérations d’ici à 2033. Il n’était toutefois pas question ici de licenciements massifs, mais plutôt d’un gel des embauches, tout en misant sur une productivité en hausse.

Pour le géant américain, les signaux s’accumulent. La firme a déjà dévoilé trois prototypes pour automatiser ses processus : un robot de tri pour ses entrepôts, un agent d’IA pour optimiser la gestion des équipes et une paire de lunettes connectées pour assister les livreurs. Cette mutation ne touche d’ailleurs pas qu’Amazon. Les États-Unis tout entiers s’inquiètent d’un épisode qui pourrait annoncer l’automatisation généralisée du travail. Une augmentation de la productivité qui pourrait durablement impacter le marché de l’emploi.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode