Depuis le 1er novembre 2025, tout conducteur surpris en train d’utiliser son smartphone pourra voir son permis de conduire suspendu pour une durée pouvant aller jusqu’à six mois. Une mesure radicale, pilotée par le préfet Gilles Clavreul, qui entend marquer les esprits.
Une phase pédagogique avant le durcissement
Depuis octobre, les forces de l’ordre landaises mènent une campagne de prévention pour alerter les automobilistes. Mais depuis quelques jours la pédagogie laissera place à la sanction, au-delà de l’amende de 135 € et du retrait de trois points déjà prévus par la loi, le préfet pourra décider d’une suspension administrative immédiate du permis de conduire.
Une première en France pour une infraction de ce type, habituellement sanctionnée uniquement par une contravention.
Un geste devenu banal mais dangereux
La mesure vise un comportement que les autorités jugent désormais banalisé. Dans les Landes, comme ailleurs, les contrôles routiers révèlent une explosion du nombre de conducteurs utilisant leur téléphone, souvent pour consulter un message, un itinéraire ou les réseaux sociaux. Selon la Sécurité routière, ce réflexe multiplie par trois le risque d’accident.
Le préfet estime que seule une réponse forte permettra de changer les habitudes. L’objectif n’est pas de multiplier les suspensions, mais de provoquer une prise de conscience.
Un cadre légal qui interroge
Sur le plan juridique, cette décision s’appuie sur l’article L224-7 du Code de la route, qui autorise un préfet à suspendre un permis “lorsque sa détention est incompatible avec la sécurité des personnes“.
Certains juristes soulignent toutefois que cette interprétation reste discutable, puisque l’usage du téléphone ne constitue pas une infraction de niveau délictuel. L’avocat Jean-Baptiste Josseaume rappelle que toute suspension administrative doit respecter une procédure contradictoire, garantissant au conducteur la possibilité de présenter ses observations.
Une expérimentation à suivre
Pour l’heure, cette initiative reste strictement locale. Mais si elle s’avère efficace, d’autres départements pourraient s’en inspirer. Les services du ministère de l’Intérieur suivent d’ailleurs de près l’expérimentation landaise, dans un contexte où la distraction au volant est devenue la première cause d’accident devant la vitesse et l’alcool.
Dans les Landes, la règle sera désormais simple : téléphone en main = permis suspendu. En misant sur la fermeté, les autorités espèrent endiguer un comportement qui continue de coûter des vies, malgré des années de sensibilisation.
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