La guerre entre Google et Epic Games, initiée en 2020 après le ban de Fortnite du Play Store, touche à sa fin. Le règlement à l’amiable conclu début novembre met un terme à plusieurs années de procédure et à une série de défaites judiciaires pour Google, accusé d’avoir illégalement restreint la concurrence sur Android. L’accord, qui doit encore être validé par la justice américaine, prévoit des changements structurels majeurs sur le Play Store — et, cette fois, à l’échelle mondiale.
Le Play Store va accueillir des boutiques alternatives
Epic Games, qui militait depuis des années pour un Android plus ouvert, salue une « proposition phénoménale » selon son patron Tim Sweeney. Il estime que ce compromis « renforce la vision d’origine d’Android comme plateforme ouverte ». Du côté de Google, le responsable d’Android Sameer Samat parle d’un équilibre entre « plus de choix et de concurrence, tout en maintenant la sécurité des utilisateurs ».
Concrètement, la firme de Mountain View s’engage à soutenir ces nouvelles règles au moins jusqu’en juin 2032. Les développeurs pourront à terme distribuer leurs applications depuis d’autres boutiques reconnues, sans les multiples avertissements de sécurité qui accompagnaient jusqu’ici le sideloading, c’est à dire l’installation en dehors du Play Store (depuis Chrome par exemple).
L’accord redéfinit aussi le système de commissions. Le prélèvement maximal de Google sera désormais limité à 20 % — voire 9 % selon le type de transaction — contre 15 % à 30 % jusqu’à présent. Ces taux s’appliqueront aux achats réalisés dans les applications installées ou mises à jour après le 30 octobre. Les microtransactions classiques dans les jeux seront généralement soumises à la tranche la plus basse, tandis que les achats apportant un « avantage de gameplay significatif » (objets rares, bonus de progression, loot boxes) resteront à 20 %. Tout cela promet une belle usine à gaz.
L’accord légalise également ce qui avait provoqué l’exclusion de Fortnite en 2020 : la coexistence de plusieurs systèmes de paiement au sein d’une même application. Les développeurs pourront désormais proposer leurs propres passerelles, à côté de la facturation Play Store. Google conservera toutefois une commission additionnelle de 5 % sur les paiements effectués via son système, ainsi que la possibilité de facturer des frais fixes pour certifier les boutiques externes.
Ce compromis marque une avancée majeure pour les développeurs et les utilisateurs. Mais il ne s’agit pas pour autant d’un abandon total de contrôle de la part de Google. L’entreprise conserve la main sur la certification des boutiques et pourra imposer des « exigences raisonnables » pour garantir la sécurité des utilisateurs. Néanmoins, la portée mondiale de cet accord dépasse largement la décision initiale du tribunal américain, qui ne concernait que les États-Unis.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.