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Iron : le robot de Xpeng qui fait passer Optimus pour un stagiaire

Le constructeur automobile chinois Xpeng a dévoilé un robot humanoïde si réaliste qu’il a fallu l’« ouvrir » sur scène pour prouver qu’il n’y avait pas d’humain à l’intérieur ! Ce coup d’éclat technologique (et médiatique) permet à l’entreprise de se faire une place sur ce marché bouillonnant de la robotique, mais maintenant il va falloir transformer l’essai.

La scène aurait pu sortir d’un film de science-fiction. Lors du AI Day organisé à Canton, le fondateur de Xpeng, He Xiaopeng, a littéralement fait « dézipper » le dos de son nouveau robot humanoïde baptisé Iron pour prouver qu’il ne s’agissait pas d’un acteur déguisé. L’engin, aux mouvements étonnamment fluides et au physique anthropomorphique, avait en effet suscité le doute sur les réseaux sociaux chinois et occidentaux.

Une démonstration digne de Blade Runner

« On pouvait entendre le système de refroidissement et le bruit du ventilateur, preuve qu’il s’agissait bien d’une machine », a assuré le dirigeant. L’opération de com’ savamment orchestrée a transformé l’événement en véritable tempête médiatique. Le patron de Xpeng a confié sur Weibo que son équipe était « trop excitée pour dormir » après avoir vu Iron devenir viral.

Sous son apparence humanoïde, Iron reste une machine conçue pour des usages très concrets. Ce nouveau modèle est animé par l’IA Vision-Language-Action (VLA) 2.0, un système capable d’interpréter directement les images de son environnement sans passer par une conversion en langage. Une approche censée améliorer la rapidité et la précision des décisions.

Iron se distingue aussi par sa structure bionique : une colonne vertébrale articulée, des muscles synthétiques et 82 degrés de liberté lui permettent de marcher, danser ou effectuer des gestes complexes avec ses mains articulées — les plus petites du secteur, selon Xpeng.

L’entreprise prévoit déjà une production en série pour l’an prochain. Son premier client n’est autre que Baosteel, le plus grand sidérurgiste chinois, qui utilisera Iron pour des missions d’inspection dans des environnements industriels compliqués. Deux variantes ont été développées : une version masculine, plus robuste, et un modèle féminin plus fin, qui aurait été plus difficile à concevoir selon Mi Liangchuan, vice-président du centre de robotique de Xpeng.

Le lancement d’Iron tombe à un moment bien particulier pour le secteur chinois de la robotique. UBTech Robotics vient de signer un contrat de 22 millions de dollars pour fournir ses robots Walker S2 à une usine du Sichuan, et Dobot prévoit de livrer 1.000 humanoïdes à un fournisseur d’Apple. La filière aurait connu une croissance de près de 30 % sur les neuf premiers mois de l’année.

Comparé à Iron, le robot de Tesla fait figure de cousin timide. Optimus, dévoilé en grande pompe par Elon Musk, impressionne certes par son allure, mais il reste encore cantonné à des démonstrations prudentes et généralement supervisées par des humains. En Chine, les humanoïdes sont déjà testés dans l’industrie lourde, tandis qu’aux États-Unis, ils tiennent encore davantage de vitrine technologique que d’outil opérationnel.

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