Sous les hangars d’Airbus à Toulouse, un appareil d’un genre particulier prend forme. Il s’agit du premier A350-1000ULR (pour Ultra Long Range) destiné à la compagnie australienne Qantas. Avec une autonomie d’environ 22 heures, il est pensé pour couvrir les plus longues liaisons commerciales au monde — notamment Sydney–New York ou Melbourne–Londres, soit près de 18.000 kilomètres… sans escale !
Un appareil taillé pour les très longues distances
Techniquement, ce modèle repose sur la base de l’A350-1000 classique, mais avec plusieurs ajustements : un réservoir central arrière d’une capacité accrue de 20.000 litres (pas question de tomber en rade au milieu du voyage…), des systèmes de bord optimisés et une aérodynamique adaptée à ces trajets hors norme. Le tout pour maintenir un vitesse de croisière de 900 km/h et optimiser la consommation malgré la durée du vol.
La contrepartie, c’est une capacité revue à la baisse : 238 sièges seulement, contre plus de 300 sur les versions standard. Moins de passagers, mais plus d’espace et de carburant, une équation indispensable pour franchir la distance qui sépare l’Australie de l’hémisphère nord. Qantas et Airbus ont également accordé une attention particulière à l’environnement de bord. Le constructeur s’est entouré de chercheurs du Charles Perkins Centre de l’Université de Sydney et du designer industriel David Caon pour adapter la cabine aux contraintes d’un vol d’une journée entière.
L’appareil embarquera une zone dédiée au bien-être, baptisée « Wellbeing Zone », installée entre les classes Premium Éco et Éco. Les passagers y trouveront des poignées d’étirement, un point d’hydratation, des collations légères et des programmes d’exercices guidés diffusés sur écran. L’objectif est de limiter la sensation de confinement et de réduire les effets du décalage horaire. Le travail sur la lumière et la programmation des repas complète cette approche : les cycles lumineux et les services à bord seront synchronisés pour accompagner le rythme biologique, plutôt que de le perturber.
Selon Airbus, les sections principales du fuselage (avant, centre et arrière) sont déjà assemblées, et l’installation des moteurs et des instruments de test doit intervenir dans les prochains mois. L’appareil sera soumis à une campagne d’essais en vol en 2026, avant sa livraison prévue à la fin de l’année prochaine.
Qantas prévoit d’en exploiter douze exemplaires à terme. Ces avions serviront sur les liaisons du « Project Sunrise », qui relient Sydney, Melbourne ou Brisbane à Londres et New York. Le premier vol commercial est attendu dès le premier semestre 2027. Plus qu’un simple record de distance, le projet confirme une tendance de fond dans le secteur du transport aérien, celle d’un retour du vol direct longue durée, à un moment où le confort et la sobriété énergétique sont aussi essentiels que l’exploit.
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