Le binge-watching n’est pas du goût de tout le monde. Licencié il y a six ans pour avoir regardé pendant ses heures de travail, un salarié avait décidé de faire valoir ses droits par la voie la légale. Sa défense, basée sur la capacité à effectuer plusieurs tâches simultanément, n’a pas convaincu la cour d’appel de Versailles, qui a validé le licenciement pour faute grave.
Regarder Netflix au travail, c’est non
Embauché en 2017 comme chargé d’affaires dans une société de maintenance industrielle, un salarié était accusé de passer jusqu’à quatre heures par jour à regarder Netflix, provoquant une chute de 60% des résultats de son département. En octobre de la même année, sa société entame une procédure de licenciement pour faute grave. Non seulement les connexions régulières à Netflix sont relevées sur les heures de travail de l’employé, mais plusieurs témoignages de collègues viennent enfoncer le clou.
Face à ces incidents, l’employeur dénonce une violation du respect du temps de travail. De son côté, le salarié, contestait son licenciement, plaidant sa capacité à regarder des séries tout en travaillant grâce à des écrans partagés. Argument surprenant qui ne séduit pas les juges : la cour d’appel rappelle que le Code du travail stipule clairement que le temps de travail doit être consacré aux tâches confiées. Regarder Netflix plusieurs heures, même de manière ponctuelle et via multitâche, constitue de ce fait un manquement.
Un précédent qui va faire grincer des dents
Le litige, qui s’est étalé sur près de six ans, s’est finalement soldé par la confirmation de la faute grave. Ce dénouement est notamment dû aux arguments défensifs du salarié. Plutôt que de contester les horodatages ou la faute grave, le salarié a préféré s’en tenir à l’idée qu’il pouvait travailler et regarder une série en même temps.
Alors que le travail hybride s’est largement démocratisé, ce jugement marque un rappel sévère pour les salariés tentés par le double usage de leur temps professionnel. S’ils veulent encore regarder Netflix, c’est en dehors des heures de travail, sous peine d’être sanctionné. Rappelons tout de même que le licenciement porte (aussi) sur le fait que la productivité du salarié avait chuté en flèche. Si l’employé avait tenu ses engagements contractuels, l’entreprise aurait sans doute choisi de ne pas lui en tenir rigueur.
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