Une recherche menée par l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) a analysé l’effet de l’utilisation des réseaux sociaux sur les capacités cognitives des enfants âgés de 9 à 13 ans, et le constat est assez alarmant. Selon cette étude, une utilisation élevée des réseaux sociaux serait synonyme de performances cognitives plus faibles dans plusieurs domaines, notamment la lecture orale, la mémoire et le vocabulaire. Encore plus préoccupant : plus le temps passé sur ces plateformes augmente, plus les scores aux tests cognitifs diminuent.
Le temps d’écran actif pointé du doigt
Cette étude, publiée dans la revue JAMA, souligne que les réseaux sociaux ne représentent pas un simple temps d’écran passif, mais demandent une participation active constante. Consulter les notifications, faire défiler sans cesse les contenus et interagir sollicitent intensément les zones cérébrales liées au traitement de l’information et à la prise de décision chez les plus jeunes. Une sollicitation intense qui pourrait expliquer en partie la baisse de performances cognitives observée chez les jeunes utilisateurs.
Une baisse qui touche particulièrement la lecture, la mémoire et le langage
Les chercheurs ont regroupé les adolescents en trois catégories selon leur usage des réseaux sociaux : ceux n’utilisant quasiment pas les réseaux, ceux qui augmentent modérément leur usage et ceux ayant une utilisation forte et croissante. Ils ont observé que même une augmentation modérée (environ 1,3 heure par jour supplémentaire) engendrait une baisse mesurable des performances cognitives comparée à une utilisation faible ou nulle. Les enfants du groupe à forte utilisation voyaient notamment leurs résultats baisser jusqu’à 4 points sur certains tests de lecture et mémoire.
Cette baisse, bien que modeste à l’échelle individuelle, inquiète déjà pour ses conséquences à long terme : retard scolaire, difficulté à accomplir les devoirs… Le cortex préfrontal, impliqué dans l’attention et le contrôle des impulsions, montre aussi des schémas d’activité différents chez les adolescents très exposés aux réseaux sociaux, ce qui pourrait influencer leur capacité à gérer leur concentration.
Une étude aux effets limités
Les chercheurs insistent toutefois sur les limites de leur étude, qui repose sur des données auto-déclarées par les participants et sur une observation limitée. D’autres facteurs non mesurés pourraient influencer ces résultats, comme le contexte familial ou scolaire. Difficile donc de relier directement les conclusions de l’enquête aux effets des réseaux sociaux. L’étude reconnaît d’ailleurs des variations “limitées” dans les résultats observés. Prudence avant de crier aux dangers des réseaux sociaux, du moins sur ce point-là. Dans tous les cas, on rappelle que ces derniers sont théoriquement interdits aux moins de 13 ans.
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