La France se trouve aujourd’hui face à un défi colossal, comme la plupart des pays du monde : comment réduire rapidement et durablement ses émissions de gaz à effet de serre (que l’on appelle aussi GES) ? Selon les projections du Citepa, l’année 2025 devrait afficher une baisse d’environ –0,8 %, une progression qualifiée de faible et très éloignée du rythme annuel nécessaire pour atteindre les objectifs fixés pour 2030, autour de –5 % par an.
Et si l’effort doit être national, toutes les régions et départements ne contribuent pas de la même manière à ce bilan. Une analyse dévoilée par Atmo France à l’occasion de la Journée nationale de la qualité de l’air révèle une carte inédite et parfois surprenante des territoires les plus émetteurs de GES.
La région parisienne est bonne élève
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’Île-de-France n’est pas la région la plus polluante. La première place revient à l’Auvergne–Rhône-Alpes, un territoire où le transport routier pèse particulièrement lourd dans les émissions totales. Les flux logistiques, l’importance des axes autoroutiers et la diversité des activités industrielles expliquent en partie ce classement.
En région parisienne, la dynamique est très différente. Là, c’est le secteur résidentiel et tertiaire qui domine les émissions. Cela est fortement influencé par la densité de population, les déplacements internes ainsi que le tourisme. Partout ailleurs, les résultats sont contrastés. Dans le Sud, les émissions moyennes par région restent importantes, tandis que les Hauts-de-France et le Grand Est continuent d’être marqués par leur héritage industriel et énergétique.
Les départements les plus polluants sont…
Sans surprise, ce sont justement dans ces zones que l’on retrouve les départements les plus émetteurs du pays. Les Bouches-du-Rhône et le Nord arrivent en tête, chacun dépassant les 16 MtCO₂e, jusqu’à 21 MtCO₂e pour les plus mauvais élèves. Juste derrière, entre 7 et 16 MtCO₂e, se trouvent le Pas-de-Calais, la Haute-Garonne, l’Isère, le Rhône, la Loire-Atlantique et la Seine-Maritime. Autant de territoires encore marqués par des infrastructures industrielles et portuaires, des zones logistiques denses, ou encore des pôles urbains à forte activité économique.
La situation n’est pourtant pas figée. Entre 2010 et 2022, plusieurs régions ont enregistré des progrès significatifs, avec une baisse comprise entre –25 % et -36 %. C’est notamment le cas de l’Auvergne–Rhône-Alpes, les Hauts-de-France, l’Île-de-France et le Grand Est. Au niveau national, la réduction atteint 21 % sur la même période. Seules la Bretagne et l’Occitanie affichent un recul plus modeste, autour de 11 %.
Ces évolutions positives s’expliquent en partie par la diminution de la consommation énergétique, la rénovation thermique des logements, ou encore l’amélioration des pratiques agricoles. En revanche, le secteur du transport peine à suivre la tendance. La hausse du trafic routier a neutralisé les gains obtenus grâce aux véhicules moins polluants, hybrides ou électriques. Seule l’Île-de-France se démarque véritablement, avec –13 % de trafic et une baisse conséquente de –22 % des émissions routières.
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