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Ces applications mesurent votre virilité (et c’est vraiment dangereux)

Entre influenceurs masculinistes, algorithmes et tests IA douteux, certaines applications prétendent évaluer la “virilité” des hommes.

Si les algorithmes sont accusés de faire la promotion des comportements alimentaires à risques chez les jeunes femmes, ils n’épargnent pas non plus les hommes. Eux aussi sont confrontés à des standards de “beauté” inatteignables sur les réseaux sociaux. Sauf que chez eux, ce sont des discours masculinistes et misogynes qui transparaissent en filigrane.

Des applications pour mesurer la virilité

Après avoir passé au crible notre santé, notre sommeil et notre productivité, certaines applications mobiles proposent désormais de mesurer le taux de virilité de leurs utilisateurs. Un marché discret, mais florissant, révèle l’enquête de Martin Weill diffusée cette semaine sur TMC, qui reflète une mutation profonde des modèles masculins et des rôles de genre.

Pour mesurer sa virilité, il suffit de télécharger une application dédiée, de prendre quelques selfies, et de confier son image à l’IA. Le logiciel va scanner les yeux, la mâchoire, le grain de peau, la forme générale du visage, et attribuer un score censé refléter la virilité de l’utilisateur. En plus d’être totalement infondée, l’expérience pose plusieurs problèmes : l’utilisation des données personnelles reste floue sur toutes les applications que nous avons testées, et si cette notation créera inévitablement des complexes chez les internautes en mal de confiance, elle s’accompagne aussi d’exercices et de programmes dédiés (tous payants) pour améliorer son score, et donc son taux d’attractivité auprès de la gent féminine.

Les conseils donnés sont, dans le meilleur des cas absurdes, mais souvent dangereux, surfant sur les discours masculinistes et la mouvance redpill pour pousser les internautes à devenir la “meilleure version d’eux-mêmes“, à grand coup de routines sportives, nutritionnelles et sexuelles. Mais la course au chiffre ne s’arrête pas là. Certaines applications vont plus loin, en promettant d’évaluer l’aura masculine et d’optimiser le taux de testostérone. Tout est bon pour façonner un mâle ultime, où la viande rouge devient la potion magique vouée à booster les hormones masculine.

Si certains influenceurs se contentent de prôner des changements superficiels mais toujours dangereux – mâchoire carrée, pommettes saillantes, cils rasés… la nébuleuse masculiniste qui gravite autour de ces services n’hésite pas à diffuser des pratiques hautement problématiques. On peut notamment citer le “mewing”, qui consiste à placer sa langue sur le palais pour redessiner l’ovale du visage, mais aussi la tendance du “bone smashing” consiste à frapper ses os avec des objets durs dans l’espoir de créer des callosités, et donc, un profil masculin “plus attractif”.

Un miroir déformant des virilités

L’environnement numérique encourage tout particulièrement à l’introspection. Propulsée ou non à l’IA, bon nombre de plateformes qui propose des questionnaires pour déterminer si l’utilisateur est un “Giga Chad” ou un “Simp”, sorte de hiérarchie sociale basée sur la masculinité.

Masculinité, tradwives… un backlash face aux progrès sociaux

La montée des applications de virilité s’inscrit au cœur d’un mouvement reactionnaire plus large, qui multiplie les communautés antagonistes au modèle des hommes déconstruits, parfois surnommés “hommes soja”, et dévalorisés par les mouvements masculinistes. Sur les réseaux sociaux, hashtags et forums explosent, documentant les transformations physiques de (très) jeunes hommes en quête d’un idéal alpha, falacieux et inatteignable. En parallèle de ce spectre résolument évolutionniste, certaines femmes réhabilitent aussi via TikTok et Instagram la figure de la tradwife, épouse au foyer moderne, symbole du retour à la tradition et aux valeurs domestiques.

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