Dans les rues et les zones commerciales, il n’est plus rare de voir les fast-foods proliférer. Une invasion culinaire qui a transformé les habitudes alimentaires des Françaises et des Français, et qui pèse lourd sur leur santé. Au point que certains députés ont décidé de réagir. Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, un amendement écologiste et socialiste propose d’imposer une double taxe sur les chaînes de restauration rapide franchisées, ciblant explicitement des enseignes comme McDonald’s, Burger King, O’Tacos ou encore Quick.
Une taxe burger
La logique est simple, mais percutante : à partir du 1ᵉʳ juillet 2026, l’ouverture d’un nouveau fast-food en franchise coûterait 50 000€, une somme astronomique pour symboliser un vrai frein à l’expansion. Et la sanction ne s’arrête pas là : une taxe d’exploitation annuelle de 10 000€ s’ajouterait chaque année. Plus dissuasif encore, si l’établissement ouvre à moins de 300 mètres d’une école, la sanction financière serait doublée, passant à 100 000€ à l’ouverture et 20 000€ par an ensuite.
L’argument brandi par les porteurs de l’amendement est celui de la santé publique, et surtout de la lutte contre l’obésité infantile. Selon les études récentes sur le sujet, la proximité géographique entre un fast-food et un établissement scolaire rime souvent avec augmentation du surpoids chez les jeunes. Une situation d’autant plus problématique que le maillage de ces restaurants est de plus en plus dense : Burger King a doublé son nombre de restaurants en seulement quatre ans en France, et McDonald’s continue d’ouvrir près d’un restaurant par semaine.
Un débat qui dépasse la malbouffe
De son côté, la Fédération française de la franchise dénonce une distorsion de concurrence, rappelant que seuls les établissements franchisés seraient frappés, laissant de côté les indépendants qui proposeraient pourtant des produits similaires. Les professionnels de la restauration rapide parlent aussi d’une menace directe sur l’emploi local, l’investissement et la vitalité économique des territoires, notamment dans les zones périurbaines.
Si l’objectif affiché est de lutter contre la malbouffe, le choix de taxer uniquement les grandes enseignes franchisées alimente des débats bien plus larges. Pour les défenseurs de la proposition, il s’agit de donner un signal, fort, au-delà de l’aspect budgétaire, afin d’inciter à repenser le modèle alimentaire dominant. Certains élus tempèrent d’ailleurs la portée du texte, rappelant qu’il ne s’agit ni d’attaquer les petits entrepreneurs ni de créer une taxe punitive, mais bien de cibler la croissance rapide et standardisée des mastodontes du secteur, accusés de cannibaliser les alternatives locales.
Quel avenir pour le fast-food made in France ?
Reste à savoir si cette mesure, qui doit encore être discutée à l’Assemblée nationale, sera réellement adoptée. Si elle voit le jour, elle constituerait un précédent marquant dans la politique de santé publique française et son rapport à la restauration rapide.
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