La finale de l’Abu Dhabi Autonomous Racing League (A2RL), un championnat où toutes les voitures sont pilotées par des intelligences artificielles, a été marquée par un duel très symbolique : un face-à-face entre Daniil Kvyat et l’algorithme champion de l’équipe allemande TUM. Même voiture pour les deux adversaires — une Dallara SF23 de 450 ch — mais une différence de taille : la machine ne cligne pas des yeux, ne fatigue pas et ne prend aucun risque inutile.
Une IA à grande vitesse
L’exercice était simple : départ lancé, l’IA part avec dix secondes d’avance, et Kvyat a dix tours pour revenir. Le résultat ? Un écart de seulement 1,58 seconde entre leurs meilleurs tours : 57,57 s pour Kvyat, 59,15 s pour l’IA. Lors de leur précédente confrontation, il y a 18 mois, l’écart dépassait… dix secondes. Autrement dit : la machine n’est plus seulement dans le rétro, elle est désormais dans le sillage immédiat du pilote humain.
Et dans certains secteurs du circuit, l’IA signe même un meilleur temps que Kvyat. Une première. « Voir une IA tourner à quelques dixièmes d’un pilote professionnel, c’est stupéfiant », reconnaît le pilote russe. « C’est une sensation vraiment particulière : elle ne fatigue jamais et ne commet aucune erreur. »
Le spectacle ne s’est pas limité au duel homme-machine. La grande finale du championnat réunissait six voitures entièrement autonomes, un record pour cette jeune discipline, pour une course de 20 tours. L’équipe allemande TUM s’est imposée, mais non sans rebondissements. Dès le deuxième tour, Unimore Racing a pris la tête avant de s’accrocher avec un concurrent au moment de dépasser un retardataire. L’incident ouvre un boulevard à TUM, qui remporte la course et conserve sa couronne.
Même frustré, Unimore repart avec le meilleur tour : un chrono qu’un pilote humain aurait eu du mal à améliorer, selon son responsable Marko Bertogna. « Le niveau général a explosé cette saison », confirme Markus Lienkamp, directeur de TUM, qui salue la régularité et la précision désormais affichées par les IA. Avec 8.000 spectateurs dans les tribunes du Yas Marina Circuit, l’A2RL n’est plus un simple laboratoire roulant. C’est devenu un vrai spectacle, une vitrine technologique où l’écart entre humains et IA se resserre à vue d’œil.
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