Depuis près de six ans que la loi d’orientation des mobilités a été votée, les automobilistes comptent les jours : à partir du 31 décembre 2026, la France devra dire adieu à plusieurs milliers d’emplacements de stationnement. Objectif : transformer les passages piétons des villes, où les accidents sont les plus meurtriers. Une mesure qui risque de chambouler les habitudes des conducteurs, mais qui pourrait aussi sauver des vies.
Des milliers de places de parking supprimées en ville
La suppression des places de parking n’interviendra pas au hasard. Ce sont celles situées à moins de 5 mètres d’un passage piéton qui sont visées. En 2024, 456 piétons ont perdu la vie sur les routes françaises selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, dont 70% en zone agglomérée. Parmi ces drames, la majorité se produit aux croisements piétons, où les véhicules stationnés créent des angles morts fatals., appelés “masque à la visibilité”.
La loi d’orientation des mobilités, promulguée le 24 décembre 2019, a tranché dans le vif, en décidant de supprimer toutes les places de stationnement dans une zone de cinq mètres en amont des passages piétons, ce qui correspond grosso modo à la longueur d’une voiture standard. Cette distance libérée garantit une visibilité optimale entre l’automobiliste qui arrive et le piéton qui attend de traverser.
Qui va payer ?
Le projet est colossal selon les agglomérations. La ville de Paris devra supprimer à elle seule 22 000 places de stationnement. Des travaux qui se comptent en dizaines de millions d’euros, et qui devront sans doute être amortis par les riverains. Heureusement, les travaux se feront progressivement. Concrètement, la loi impose que lors de tout aménagement, réhabilitation ou réfection de chaussée à proximité de ces places de stationnement soient une excuse à leur suppression.
Pour les places existantes sans travaux prévus, le délai s’étire jusqu’en fin 2026. La mise en conformité progressive s’opère depuis 2019 et s’accélère fortement en cette année 2025, alors que certaines villes comme Paris n’ont pas encore finalisé l’ensemble des aménagements.
Attention à l’amende !
Une fois le délai passé, stationner à moins de cinq mètres d’un passage piéton constituera un stationnement très gênant passible d’une amende forfaitaire de 135€, pouvant grimper à 575€ en cas de majoration, avec la possibilité d’une mise en fourrière en cas de stationnement prolongé. L’interdiction concerne tous les véhicules motorisés : voitures, motos, scooters et cyclomoteurs. Seuls les vélos, vélos électriques et trottinettes pourront investir ces zones. Pour les personnes à mobilité réduite ou avec poussettes, autant que pour les piétons pressés, cette transformation de la voirie devrait rapidement porter ses fruits.
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