La guerre en Ukraine a eu une conséquence majeure : elle a fait des drones un objet de combat très efficace. Peu coûteux, facile à manier, ils sont néanmoins difficiles à intercepter. Les brouilleurs sont une solution de défense abordable, mais à la fiabilité limitée. Seuls les missiles sol-air permettent d’efficacement neutraliser un drone. Or ces derniers coûtent très cher et déséquilibrent le rapport de force entre deux nations en guerre.
Alors depuis février 2022, des dizaines de pays développent des solutions plus abordables pour mettre fin aux drones. Le ministère de la défense britannique vient de présenter une solution très intéressante. Elle a fait un test grandeur nature de son nouveau système, depuis la base militaire des Hébrides en Écosse.
Avec son DragonFire, un système laser de dernière génération, le pays se dit capable de neutraliser des drones filant à plus de 650 km/h avec une précision chirurgicale. Le résultat de ces premiers essais dépasse toutes les espérances de la Navy.
L’armée britannique a annoncé que le système était tellement précis qu’il pourrait toucher une pièce de monnaie à un kilomètre de distance. Mais cette précision n’est que le deuxième atout du DragonFire. Le système de défense britannique est surtout capable de fonctionner à moindre coût.
La Navy a calculé que chaque impulsion laser lui revenait à une dizaine d’euros. Il serait ainsi possible de neutraliser un essaim de drones, dans une opération coûtant un millier d’euros, maximum. Aujourd’hui, il faut dépenser des dizaines de milliers d’euros pour arriver à un tel résultat.
Le DragonFire est le fruit du travail conjoint de MBDA UK, Leonardo et QinetiQ, trois géants de l’industrie militaire britannique. Elles ont été mandatées par les armées britanniques pour un contrat de 360 millions d’euros. Une initiative qui va, cerise sur le gâteau, créer 590 emplois qualifiés au Royaume-Uni.
Déploiement dès 2027
Lors du lancement de ce programme, la Navy n’avait pas voulu se précipiter. Elle annonçait un déploiement sur le terrain en 2032. Mais face à des résultats plus qu’encourageants, l’armée britannique a décidé d’accélérer les choses. Le déploiement se fera dès 2027 sur un destroyer Type 45. Un navire spécialisé dans la défense antiaérienne.
Le projet, aussi intéressant soit-il, dispose néanmoins toujours de quelques zones d’ombre. DragonFire n’est pas parfait loin de là. Sa consommation énergétique (50 kW) est un vrai frein. Les usages pourraient, dans un premier temps, être limités à des plateformes disposant de puissants générateurs.
Une version mobile, utilisable sur le terrain depuis un véhicule, est toujours dans les petits papiers de Londres. Il n’arrivera pas avant plusieurs années.
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