Le Festival de la BD d’Angoulême 2026 est officiellement annulé. Victime d’un bras de fer entre la société organisatrice et les financeurs publics, l’édition 2026 du Festival international de la bande dessinée, programmée du 29 janvier au 1er février 2026, n’aura finalement pas lieu. 9e Art +, qui organise le festival depuis 2007, a annoncé via ses avocats que l’événement était matériellement impossible à organiser dans les conditions actuelles. Cette décision fait suite à une rupture profonde entre l’organisateur privé et les financeurs publics, accusés de s’être immiscés dans la gestion de l’événement.
Un boycott sur fond de polémique
Le boycott lancé par environ 2000 auteurs et illustrateurs est une cause déterminante de cette annulation. Ils reprochent à 9e Art+ une gestion opaque, des dérives commerciales, et notamment la décision particulièrement controversée de licencier une salariée ayant porté plainte pour agression sexuelle lors de l’édition précédente. Suite à l’affaire, plusieurs grandes maisons d’édition ont finalement renoncé à participer à l’édition 2026, annonçant leur désistement les unes après les autres. Les organismes publics, qui représentent près de la moitié du budget du festival, ont également sommé les organisateurs de renoncer à l’édition 2026. Malgré les démentis, ce n’était plus qu’une question de temps avant que l’information officielle ne tombe.
Quel avenir en 2027 ?
Face à cette crise, les collectivités publiques entendent reprendre la main sur l’organisation. Elles ont confié à l’Association pour le Développement de la Bande Dessinée à Angoulême (ADBDA), une structure médiatrice associant financeurs et professionnels, la mission de piloter un nouvel appel à projets pour choisir un nouvel opérateur privé qui sera en charge du festival l’année prochaine. Franck Bondoux et la société 9e Art+ sont mis à l’écart, même si la responsabilité juridique de l’organisation leur revient toujours, en attendant une passation de pouvoir pour le festival historique, lancé en 1984.
Cette situation cristallise un bras de fer qui oppose la volonté des pouvoirs publics d’assainir et moderniser la gestion de l’événement à la société 9e Art + qui souhaite conserver son rôle historique. La confiance rompue entre organisateurs, auteurs et éditeurs complique la tenue normale de cette institution du 9e art français. Le futur du Festival d’Angoulême semble désormais conditionné à un changement radical dans sa gouvernance d’ici 2027, après l’annulation inévitable de l’édition 2026.
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