Le pass Navigo augmente, l’inflation touche tout le monde, et les voitures électriques pourraient bientôt coûter plus cher. D’ici le 19 décembre 2025, les exploitants de bornes de recharge rapide devront transmettre à la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) des données précises sur leur utilisation. Historique des sessions, volumes consommés, part d’électricité renouvelable et courbes de charge… Cette mesure, actée par un arrêté du 19 novembre, vient combler un vide technique qui empêchait jusqu’ici de tracer l’électricité verte injectée dans les batteries des voitures électriques. L’objectif est de quantifier l’impact réel des recharges sur le réseau, en ouvrant la voie à une fiscalité adaptée, et potentiellement à une taxe dédiée.
Une hausse des frais à venir pour les conducteurs électriques
Cette évolution s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu : avec la démocratisation des véhicules électriques, l’État anticipe une baisse massive des recettes de la TICPE (taxe intérieure sur la consommation finale d’énergie), qui pèse sur l’essence et le diesel. Avec la fin des voitures thermiques neuves, les projections tablent sur 10 milliards d’euros de pertes annuelles d’ici à quelques années. Pour les usagers, cela pourrait se traduire par une hausse des prix à la borne, notamment sur les recharges rapides, déjà facturées 0,50€ à 0,80€/kWh en heures de pointe.
La France, championne européenne des aides à l’achat électrique, risque de freiner sa propre dynamique. L’impact quotidien serait tangible non seulement pour les exploitants, mais aussi pour les consommateurs, qui seront logiquement les premiers impactés par cette taxe hypothétique : une recharge de 50 kWh (300-400 km d’autonomie) pourrait grimper d’une dizaine d’euros supplémentaires par session de recharge rendant les bornes Aire de Service Autoroutière moins attractives face à la recharge domestique. Le gouvernement, conscient du risque, promet des garde-fous pour ménages modestes, mais les détails restent flous.
Le budget 2026 dans le viseur
Cette offensive fiscale tombe mal : les véhicules électriques représentent déjà 20% des immatriculations en France, alors que la fin de la gratuité de la carte grise pour les VE s’est arrêtée le 1er mai dernier. Tandis que les associations plaident pour un moratoire, défendant le déploiement de l’électrique doit aller de pair avec une facilitation de son accès, alors que les objectifs 2035 tablent sur la fin des véhicules thermiques.
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