Si vous vous intéressez aux voitures électriques depuis quelques années, vous en avez certainement déjà entendue parler. En cours de développement, des batteries solides devraient inonder le marché dans quelques années.
Sur le papier, elles ne présentent que des avantages. Plus petite, plus table dans le temps et plus endurante, elles seraient l’élément permettant aux voitures électriques de dépasser les modèles thermiques sur deux points clés : l’autonomie et la vitesse de recharge.
Mais dans la réalité, tout ne serait pas aussi beau avec les voitures électriques. Le principal avantage d’une batterie solide repose sur sa fiabilité. En utilisant un électrolyte solide (et non liquide comme c’est le cas aujourd’hui) les risques de court-circuit et d’incendie sont nettement plus faibles. Les protections thermiques obligatoires aujourd’hui ne le seraient plus.
Des batteries plus fiables ?
Sans ces couches de protection, les batteries seraient logiquement plus légères et plus compactes. Mais c’est ici que l’industrie rencontre un problème. Une nouvelle étude menée par le département de physique de l’Université de Munich estime que les batteries solides sont elles aussi dangereuses.
Les chercheurs ont étudier les électrolyte solides et les résultats ne sont pas bons. Les mesures réalisées pendant ces expériences montrent une croissance de dendrites, des « déchets» produits par les batteries liquides à mesure qu’elles s’usent. Normalement, elles ne devaient pas apparaître sur des batteries solides avec un électrolyte en polymère.
Des batteries solides, malgré tout ?
Les résultats de cette étude sont d’autant plus problématiques que des millions d’euros ont déjà été investis dans les batteries solides. Dans le monde de la voiture électrique, de nombreux constructeurs ont misé sur cette technologie pour l’avenir de leur flotte.
De nombreux laboratoires, startups et géants de l’automobile tels que Toyota, BMW, Stellantis ou encore Hyundai affirment être proches d’une percée décisive. Certains promettent même des prototypes fonctionnels dès 2027, avec une commercialisation progressive au début de la prochaine décennie. Reste à savoir si ces annonces relèvent de l’optimisme marketing ou d’un réel progrès scientifique.
Au-delà de la stabilité chimique, d’autres défis majeurs persistent : la durabilité dans le temps, la résistance aux cycles de charge répétés, la compatibilité avec les infrastructures actuelles et surtout, la réduction drastique des coûts de production.
Sans résoudre ces équations, les batteries solides resteront un luxe inaccessible ou une promesse technologique inaboutie. Pour l’industrie automobile, l’enjeu est colossal. Les batteries actuelles au lithium-ion montrent leurs limites face à la demande croissante d’autonomie et de performance.
Les prochaines années seront déterminantes. Les batteries solides peuvent redéfinir l’automobile moderne ou alors rester un rêve d’ingénieur que l’on aura caressé sans jamais le concrétiser. Une chose est sûre : la course est lancée, et personne ne veut la perdre.
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