L’intelligence artificielle continue de s’imposer dans l’industrie du jeu vidéo. Après Activision, Ubisoft ou encore Krafton, c’est au tour de SEGA de présenter ses ambitions en matière d’IA. Nos confrères de VGC rapportent les paroles de l’entreprise japonaise, repérées dans un compte rendu faisant suite à leur dernier rapport financier. Lors d’une session de questions-réponses, les dirigeants de SEGA ont fait part de leur souhait d’utiliser les méthodes de développement les plus efficaces pour leurs futurs projets, y compris celles ayant recours à l’intelligence artificielle. Mais le géant de l’industrie vidéoludique prévient qu’il ne souhaite pas tomber dans le piège de la facilité.
“Plutôt que de suivre à la lettre les tendances de développement à grande échelle, nous chercherons également à améliorer l’efficacité, en tirant parti de l’IA par exemple” déclare l’entreprise. “Cependant, comme l’adoption de l’IA peut se heurter à une forte résistance dans des domaines créatifs, tels que la création de personnages, nous procéderons en évaluant soigneusement les cas d’utilisation appropriés, tels que l’organisation et la simplification des processus de développement.”
SEGA ne cherche vraisemblablement pas à remplacer les étapes artistiques du développement par des outils de génération et c’est une excellente nouvelle. Mais reste que l’utilisation de l’intelligence artificielle dans de tels processus reste encore un sujet tabou, puisqu’il n’existe pas (encore) de véritables régulations pour éviter les dérives.
L’industrie japonaise s’inquiète et surveille
Tandis que de nombreux studios occidentaux sautent à pieds joints dans le monde de l’intelligence artificielle, le Japon se montre déjà plus réticent. Cette semaine, un article publié sur le site d’actualité japonais Daily Shincho n’a pas manqué de surprendre les internautes. Le papier en question s’intéresse à l’impact déjà palpable de l’intelligence artificielle dans certains domaines artistiques. Celui-ci nous apprend qu’une association touristique du pays a mis un terme à son traditionnel concours d’art organisé depuis plus de 20 ans car il est devenu impossible pour les juges de différencier les œuvres véritables de celles générées par IA.
Dans ce même article, le directeur artistique d’un studio vidéoludique ayant souhaité conserver son anonymat raconte que les candidats au recrutement dans son entreprise doivent produire une œuvre en direct lors de leur entretien afin de prouver leurs talents. “Beaucoup de gens prétendent que les œuvres d’art générées par l’IA sont leur propre création. C’est pourquoi nous avons modifié notre processus de recrutement et demandons désormais aux candidats de dessiner quelque chose en personne pendant l’entretien afin de vérifier leurs compétences. En tant que recruteur, c’est très fastidieux et j’ai l’impression que nous faisons un bond en arrière, mais j’ai entendu dire que plusieurs autres entreprises faisaient de même” raconte-t-il.
Cette homme ajoute que les dirigeants de l’industrie ne cherchent malheureusement pas à renforcer les vérifications mais se demandent désormais s’il ne vaudrait mieux pas “embaucher des personnes qui maîtrisent l’IA générative à la perfection.” Une chose est sûre, les changements de taille s’annoncent inévitables pour les grandes industries créatives, qu’il soit question de jeux vidéo ou même de films et séries.
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