Chez Meta, l’heure est aux coupes, et la calculette n’est pas tendre avec le métavers. Selon Bloomberg, l’entreprise envisage des coupes pouvant atteindre 30 % du budget de Reality Labs. De quoi refroidir même les avatars les plus enthousiastes. Ces réductions, qui pourraient s’accompagner de licenciements dès janvier, toucheraient directement Horizon Worlds, sorte de parc d’attractions numériques où l’on peut errer en pantacourt virtuel, et la gamme de casques Quest.
Métavers, la fausse bonne idée
Tout cela aurait été discuté lors d’une série de réunions au complexe hawaïen de Mark Zuckerberg. Un gigantesque tableau Excel rouge vif au milieu des palmiers ! Comme chaque année, les divisions doivent identifier 10 % d’économies, mais le métavers décroche un traitement spécial : ses résultats étant ce qu’ils sont, on lui demande davantage d’efforts.
Après tout, malgré les milliards investis et le changement de nom du groupe, les foules ne se sont pas exactement ruées dans ces mondes numériques. « C’est une chose de mettre un casque pour tirer sur des ennemis pendant vingt minutes ; c’en est une autre de flâner des heures dans un magasin virtuel », glisse une source interne. Les investisseurs, eux, ont surtout vu Reality Labs engloutir plus de 70 milliards de dollars en trois ans pour des retours pas folichons. Pas vraiment la vitrine rêvée.
Même les régulateurs s’en sont mêlés, pointant du doigt les risques pour les mineurs. Résultat : le métavers attire l’attention, mais pas celle qu’espérait Meta. D’ailleurs, à l’annonce des possibles coupes, l’action du groupe a gagné près de 6 %. Un signe qui ne trompe pas… Mark Zuckerberg n’a pas totalement abandonné l’idée que nous passerons tous nos journées dans des mondes virtuels. Simplement, ce futur-là semble désormais très, très lointain. Suffisamment pour que le CEO parle rarement du métavers en public, tout en multipliant les références à l’intelligence artificielle.
L’avenir, selon Meta, se situerait donc plutôt du côté de ses modèles Llama, de ses assistants IA et des lunettes Ray-Ban capables de commenter ce que vous regardez (y compris, sans doute, votre air sceptique !). Le matériel reste central, mais davantage comme accessoire à l’IA que comme passerelle vers un monde virtuel. Certains observateurs y voient même une bonne nouvelle. Chez Forrester, par exemple, on prédisait déjà que Meta finirait par « fermer ses projets métavers » pour mieux se concentrer sur l’IA. Pour beaucoup, Reality Labs est un puits sans fond, une formule que les comptables de Meta semblent visiblement partager.
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