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Électrique ou hybride : Renault choisit son camp

Le nouveau patron de Renault, François Provost, l’assume : l’avenir reste électrique. Mais dans un marché automobile bousculé par le retour en force des hybrides et par la pression chinoise sur les prix, le constructeur doit ajuster sa trajectoire.

Le départ de Luca de Meo pour le groupe Kering aurait pu laisser Renault dans le doute, mais à en croire son remplaçant, il n’en est rien. François Provost, ancien stratège des achats devenu directeur général, veut montrer qu’il a une feuille de route très claire : continuer d’investir dans les voitures 100 % électriques. « Les EV sont bons pour le client. Les gens ne reviendront pas en arrière », affirme-t-il chez TopGear.

L’électrique reste la boussole

Un discours qui tranche avec l’ambiance générale : en Europe, les ventes d’hybrides progressent, alors que l’électrique marque une légère inflexion. Les constructeurs multiplient les annonces de modèles hybrides, moins chers et plus rassurants pour une clientèle encore hésitante. Mais Renault n’a pas la main sur le frein. Pour François Provost, le groupe doit capitaliser sur l’avance prise avec les R5, R4 et la prochaine Twingo électrique, tout en évitant les moments de flottement et de stagnation qui ont autrefois coûté cher à l’entreprise. La qualité doit également monter d’un cran, « au niveau du T », glisse-t-il… sans citer Toyota.

Cette stratégie passe par une accélération du développement. La nouvelle Twingo EV, conçue en deux fois moins de temps qu’un modèle classique, en est le porte étendard : c’est un véhicule plus moderne, mieux équipé et lancé suffisamment tôt pour rester compétitif. Surtout, il coûte moins de 20 000 €… Un sacré atout dans la manche de Renault, alors que les hybrides captent une part grandissante des intentions d’achat.

Le virage vers l’hybride va mécaniquement compliquer la tâche de Renault, qui veut maintenir des prix attractifs pour ses électriques. La future Twingo EV s’appuie sur une batterie LFP plus abordable, un moteur standard et une suspension plus simple. De quoi rester dans la course face à la concurrence asiatique… François Provost prévient cependant que la réglementation européenne menace l’équation économique. Avec 107 nouvelles règles en préparation, les petites voitures — électriques comme hybrides — risquent de devenir trop coûteuses à produire, au moment même où l’hybride attire les consommateurs pour son rapport prix/autonomie.

Conséquence : si trop de clients renoncent au neuf, le parc automobile vieillit, et les objectifs climatiques s’éloignent. « Le parc est en train de vieillir, donc il n’y a ni décarbonation, ni amélioration de la sécurité. Et c’est tout un muscle industriel qui s’affaiblit », insiste-t-il. Chaque usine fermée, rappelle-t-il, entraîne la disparition de 5.000 à 10.000 emplois. Plutôt que d’alléger les normes, comme le demandent certains fabricants tentés par de petites voitures électriques, le patron de Renault réclame surtout une trêve : dix ans sans nouvelles réglementations pour éviter l’inflation technologique et redonner du souffle aux ingénieurs. L’Europe l’entendra-t-elle ?

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Source : TopGear

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