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Le directeur de The Last of Us met un taquet aux studios de jeu utilisant l’IA

Le papa de The Last of Us s’est lâché et n’a épargné personne, surtout pas Microsoft, Ubisoft ou EA qui carburent à cette techno.

Depuis qu’il a quitté Naughty Dog en 2017 pour fonder Wildflower Interactive, Bruce Straley a eu le temps de réfléchir à toute cette polémique autour de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le jeu vidéo.

L’IA générative ? « Un serpent qui se mord la queue »

Selon lui et le co-fondateur de Rockstar, cette technologie ne crée absolument rien, elle recycle juste ce qui existe déjà en essayant de faire croire qu’elle innove. Le timing de sa sortie médiatique n’est pas un hasard. Il a profité du buzz autour des Game Awards pour présenter Coven of the Chicken Foot, son premier projet en solo. Un jeu d’aventure où une vieille sorcière se balade avec une bestiole capable d’apprendre toute seule. Contrairement aux studios qui jouent la carte de l’IA à tout-va, Straley a codé tout ça à la sueur de son front et non pas à l’aide d’un algorithme génératif.

Sa créature peut faire n’importe quoi comme gober trop de pommes pourries, choper la colique et finir par déféquer en pleine forêt. Ces comportements complètement barrés sortent directement de l’imagination des développeurs, pas d’un prompt tapé dans une interface. « On construit un monde avec des moments qu’on sculpte nous-mêmes. »

Les studios qui misent sur l’IA dans le viseur

Le problème dépasse largement la simple opposition philosophique. Dans le vocabulaire du game dev depuis trente ans, l’IA désigne justement le comportement des ennemis et des personnages non-joueurs. Un programmeur spécialisé dans ces systèmes s’appelle littéralement un « programmeur IA ». Sauf que maintenant, dès qu’on prononce ces deux lettres, tout le monde pense ChatGPT et génération automatique.

« Je peux plus dire que j’ai développé le compagnon le plus évolué sans que les gens croient qu’on a foutu du machine learning dedans », peste le développeur. Cette confusion le rend dingue, lui qui voit dans les défauts et imperfections toute la beauté de la création humaine.

Pendant ce temps, d’autres studios foncent tête baissée. Embark Studios a bourré Arc Raiders d’IA générative pour animer ses PNJ. NetEase Games a carrément transformé certains personnages de Where Winds Meet en chatbots ambulants. Résultat ? Les joueurs ont découvert qu’ils pouvaient zapper des énigmes entières en causant gentiment avec les PNJ, histoire de récupérer du stuff gratos. La techno s’impose partout, même quand personne ne l’a vraiment demandée.

Parce qu’au fond, sa position tient en une phrase qu’il lâche après un long soupir, « Je n’aime pas l’IA. Je ne regarderais jamais une série fabriquée par un robot, je ne regarderai jamais de l’art craché par un ordinateur ». Pour lui, écrire des prompts n’a rien d’artistique.

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