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Si Call of Duty Black Ops 7 ne se vend pas, c’est de la faute de Battlefield 6

Pour l’ancien PDG d’Activision Blizzard, les ventes de Call of Duty auraient plongé de à cause de Battlefield 6. Une explication qui arrange bien les affaires de l’ex-patron, mais qui passe sous silence les vrais problèmes de Black Ops 7.

Bobby Kotick n’a jamais été du genre à admettre ses erreurs. L’homme qui a dirigé Activision Blizzard pendant plus de trois décennies vient de trouver le parfait bouc émissaire pour expliquer le naufrage du dernier Call of Duty. Dans le cadre d’un procès, l’ancien PDG affirme sans sourciller que la franchise phare d’Activision est « en passe de réaliser des performances inférieures de 60 % par rapport à l’année dernière en raison de la concurrence intense de titres comme Battlefield ». Une affirmation qui tombe à pic pour défendre le rachat par Microsoft, mais qui oublie allégrement les casseroles de Black Ops 7.

Quand l’IA remplace les vrais artistes

Black Ops 7 a déclenché une tempête dès son lancement en novembre 2025. Les joueurs ont rapidement repéré des dizaines d’assets visuels qui puaient l’intelligence artificielle à plein nez. Un style pseudo-Ghibli caractéristique des générateurs d’images IA qui ont envahi les réseaux sociaux. Activision n’a même pas cherché à nier l’affaire : la page Steam du jeu affiche un avertissement indiquant « notre équipe utilise des outils d’IA générative pour aider à développer certains assets du jeu ».

Le problème dépasse largement quelques images bizarres. On parle d’une franchise qui génère plus d’un milliard de dollars chaque année, qui demande 70 euros pour son dernier opus et qui refuse de payer de vrais artistes pour créer du contenu. Un état de fait qui ne plait pas aux joueurs demandant massivement des remboursements en arguant que ces assets IA n’avaient jamais été mentionnés dans le marketing. Sur Metacritic, Black Ops 7 décroche le pire score utilisateur de l’histoire de la saga avec une note catastrophique de 1,6. Les critiques pleuvent sur la campagne « sans saveur », le matchmaking défaillant et cette impression générale que le jeu a été bâclé.

Le Game Pass change complètement la donne

Kotick oublie aussi un détail majeur dans son analyse, Black Ops 7 a débarqué sur le Game Pass dès sa sortie. C’est une première pour la franchise, et ça change radicalement l’équation économique. Des millions de joueurs peuvent désormais découvrir Call of Duty sans débourser un centime de plus que leur abonnement mensuel. Comparer les ventes brutes avec celles de Black Ops 6 devient donc absurde.

Les chiffres Circana confirment que Black Ops 7 ne termine que septième au classement des meilleures ventes 2025 aux États-Unis jusqu’à fin novembre, bien derrière le triomphant Battlefield 6. Au Royaume-Uni, les ventes physiques s’effondrent de 61 % par rapport à Black Ops 6.

Une crise d’identité qui dure depuis trop longtemps

La communauté Call of Duty se plaint depuis des années que la franchise a perdu son âme. Les skins délirants, les collaborations improbables et l’ambiance de plus en plus arcade ont dilué ce qui faisait la force de la série. Pendant ce temps, Battlefield 6 revient aux fondamentaux avec un gameplay plus terre-à-terre et authentique.

Battlefield 6 cartonne, c’est indéniable. Le jeu signe le meilleur lancement de l’histoire de la franchise. Mais accuser EA d’avoir coulé Call of Duty revient à ignorer toutes les décisions catastrophiques prises en interne chez Activision. Entre l’IA omniprésente, la stratégie Game Pass qui cannibalise les ventes directes, l’accueil critique désastreux et une communauté qui ne reconnaît plus son jeu, Black Ops 7 n’avait besoin de personne pour se planter.

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