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200.000 satellites chinois pour contrer Starlink : l’orbite basse commence à manquer de place

Pendant que Starlink continue de parsemer le ciel de satellites, la Chine voit encore plus grand. Beaucoup plus grand. Pékin a déposé auprès du régulateur mondial des télécoms des projets de constellations totalisant près de… 200.000 satellites !

La surenchère en orbite est officiellement relancée. Fin décembre, un institut chinois tout juste sorti de terre a transmis à l’International Telecommunication Union (UIT) une série de demandes pour exploiter deux constellations géantes, CTC-1 et CTC-2. Chacune pourrait compter jusqu’à 96.714 satellites, soit un total de 193.428 engins ! À ce stade, on parle donc d’un projet environ quatre fois plus ambitieux que Starlink, excusez du peu.

Starlink dans le collimateur

De quoi relativiser les chiffres pourtant déjà vertigineux de SpaceX. La société d’Elon Musk vise environ 49.000 satellites pour son réseau Starlink, dont une partie dédiée à la connectivité directe des smartphones. En attendant d’atteindre ce plafond, plus de 9.400 satellites sont déjà en orbite, ce qui fait de Starlink l’acteur ultra-dominant de l’orbite basse. Le plus étonnant reste peut-être l’identité du porteur du projet chinois. L’Institute of Radio Spectrum Utilisation and Technological Innovation n’a été officiellement enregistré que le 30 décembre, soit… le lendemain des dépôts auprès de l’UIT. Basé dans la province du Hebei, il a été créé par plusieurs entités chinoises, mais communique très peu sur ses objectifs concrets.

Les documents soumis donnent toutefois quelques indices. Les satellites seraient répartis sur une large plage d’altitudes : entre 300 et 600 kilomètres, là où évoluent déjà les satellites Starlink, mais aussi sur des orbites beaucoup plus élevées, autour de 20.000 kilomètres. Côté fréquences, le spectre couvert est lui aussi très large, ce qui suggère toutes sortes d’usages, de l’internet par satellite aux communications plus spécialisées.

Officiellement, rien n’indique une vocation militaire. Officieusement, les observateurs restent prudents. La participation de l’Université d’aéronautique et d’astronautique de Nankin, régulièrement associée à des projets stratégiques, alimente les spéculations. Il n’y a pas de preuve formelle, mais dans un contexte géopolitique tendu, le doute s’installe facilement.

Aux États-Unis, ces annonces ne passent pas inaperçues. La Federal Communications Commission (FCC) voit depuis plusieurs mois les ambitions spatiales chinoises comme un sujet sensible. « C’est la course à l’espace version 2.0. La Chine veut gagner la bataille des orbites », résumait en novembre Jay Schwarz, responsable du bureau spatial de la FCC.

En réponse, le régulateur américain accélère ses propres décisions. SpaceX a récemment obtenu l’autorisation de lancer 7.500 satellites supplémentaires pour la deuxième génération de Starlink, avec des contraintes de calendrier strictes. L’entreprise a aussi été autorisée à exploiter certains satellites à des altitudes plus basses, entre 340 et 485 kilomètres, pour limiter les risques de collision.

Car l’orbite terrestre basse commence sérieusement à se remplir. Pékin s’en inquiète d’ailleurs ouvertement : les autorités chinoises accusent Starlink de saturer les ressources orbitales communes et d’augmenter le risque d’accidents. SpaceX assure de son côté que ses satellites, conçus pour une durée de vie d’environ cinq ans, sortent volontairement de leur orbite en fin de service pour brûler dans l’atmosphère.

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